Réponse au JDLE : Durables les énergies marines ?

 

 Voir plus bas la réponse de Jean Fluchère à l’article de JDLE

JDLE

BONNE PECHE POUR LES ENERGIES MARINES

 

Le 22 mars 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial

DCNS va ouvrir à Cherbourg l’atelier d’assemblages des 7 hydroliennes qui seront immergées dans le Raz Blanchard.

 

La ministre de l’environnement a annoncé plusieurs mesures de soutien aux énergies marines renouvelables.

 

Cela aura été le rayon de soleil de cette première journée des assises nationales des énergies marines. Dans la matinée de mercredi 22 mars, la ministre de l’environnement a rendu publiques plusieurs mesures très attendues par les professionnels des énergies marines et les élus de la façade maritime.

 

Au cours d’une intervention vidéo, Ségolène Royal a indiqué la signature imminente des concessions d’occupation du domaine maritime des parcs éoliens marins de Courseulles-sur-mer, Fécamp et Saint-Nazaire. «Par ailleurs, toutes les autorisations du parc de Saint-Brieuc seront délivrées dans les prochains jours», a-t-elle ajouté. Cinq ans après avoir été sélectionnés, les choses sérieuses vont pouvoir commencer pour les promoteurs des projets issus du premier appel d’offres éolien posé.

 

DIALOGUE CONCURRENTIEL

 

La ministre a aussi confirmé la désignation par la commission de régulation de l’énergie (CRE) des candidats qui participeront au dialogue concurrentiel pour la zone de Dunkerque. Cette même procédure sera, par ailleurs, lancée sur la zone d’Oléron, conformément aux annonces ministérielles du début du mois de mars. Parallèlement, le service hydrographique de la marine (Shom) lancera, dès avril, la réalisation d’études (météo, océaniques, sédimentologiques, bathymétriques, environnementales) sur la zone.

Depuis New York, la locataire de l’hôtel de Roquelaure a enfin lancé l’appel d’offres pour la réalisation de fermes commerciales hydroliennes. A charge pour les préfets maritimes de Bretagne et de Normandie de définir les zones les plus propices. L’objectif visé étant la mise en service de 100 MW d’ici à 2023.

 

RÉDUIRE LES RISQUES DU RACCORDEMENT

 

A Paris, le conseil d’Etat achève l’examen d’un projet décret d’application de la loi sur la transition énergétique. Vieille demande des exploitants de parcs marins, ce texte prévoit le paiement «d’indemnités spécifiques» aux industriels lorsque les délais prévus de raccordement des fermes marines au réseau terrestre de transport d’électricité n’auront pas été tenus par RTE. Pour mémoire, le raccordement au réseau d’une ferme marine éolienne représente 10 à 15% de son coût total.

 

Créatrices d’emplois. Même si elles ne produisent pas encore d’électrons, les énergies marines françaises créent déjà des emplois. Selon l’Observatoire des énergies de la mer, les 200 entreprises impliquées ont déjà embauché plus de 2.000 personnes. Près de 6 sur 10 travaillent dans des PME ou des entreprises de taille intermédiaire. L’essentiel (75%) oeuvrent dans l’éolien marin. Le gros de ces bataillons sont des développeurs-exploitants, des bureaux d’études et des PME spécialisées dans la construction et la maintenance en mer.

 

Les conseillers d’Etat phosphorent aussi sur un autre projet de décret qui classerait les installations d’énergies marines renouvelables dans la liste des «grands risques» identifiés à l’article L.111-6 du code des assurances. De quoi faciliter l’assurabilité de ces projets. Et faire baisser leur coût.

 

INAUGURATIONS D’USINES

 

Les élus locaux auront aussi des rubans tricolores à couper. Jeudi 23 mars, le premier ministre Bernard Cazeneuve posera la première pierre de l’usine cherbourgeoise de pales de LM Wind Power, filiale danoise de General Electric. Cette installation fournira les pales des turbines qui seront installées sur les futurs parcs marins d’EDF, au large de Courseulles-sur-Mer, Fécamp et Saint-Nazaire.

 

La cité chère au premier ministre est décidément choyée par les industriels. DCNS Energies devrait prochainement y lancer la construction de son atelier d’assemblage des 7 hydroliennes de 2 MW unitaires qui seront immergées, pour le compte d’EDF, au large du Cotentin, en 2018.

 

SIEMENS ESPÉRÉ AU HAVRE

 

Pourtant soutenu par le président du conseil régional de Normandie, Edouard Philippe n’a pas encore décroché son usine. Mais le député-maire (LR) du Havre garde l’espoir d’attirer Siemens. Initialement, le groupe Areva avait prévu de construire les nacelles de ses éoliennes et leurs pales dans la zone portuaire du Havre. Mais le rachat de Gamesa (et donc d’Adwen, filiale éolienne Areva-Gamesa) par Siemens a fait capoter le projet. Interrogé, Filippo Cimitan, patron de Siemens Wind Power a indiqué que la décision d’investir au Havre ne pourrait être prise qu’à l’issue du rapprochement entre son entreprise et Gamesa, au cours du mois d’avril.

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Réponse de Jean Fluchère au sujet des hydroliennes marines et des éoliennes off-shore.

 

L’hydrolienne Sabella pèse 300 tonnes et nécessite une embase de 1 000 tonnes de béton.

 

Sa puissance est de 1 MW et son facteur de charge espéré est de 10% du temps de l’année.

 

Pour l’instant, elle n’a encore jamais produit 1 kWh.

 

C’est le parfait exemple d’une énergie renouvelable non soutenable.

 

Quant aux éoliennes off-shore, elles immobilisent entre 30 et 40 fois plus de cuivre qu’un groupe turboalternateur classique et 10 fois plus d’aluminium pour le raccordement au réseau. Nous sommes loin de la sobriété en immobilisation de matières premières onéreuses.

 

Autre article en relation ici :

https://observatoiremediasenergie.wordpress.com/2017/04/29/reponse-au-jdle-le-paradoxe-des-hydroliennes-marines-quand-le-pseudo-developpement-durable-nest-pas-soutenable/

LE NOUVEAU SOLAIRE DEUX FOIS MOINS CHER QUE L’EPR ? Comparons des produits comparables. 

La réponse de M. Jean Fluchère, membre de l’ONG Sauvons Le Climat, figure en deuxième partie du texte.

LE NOUVEAU SOLAIRE DEUX FOIS MOINS CHER QUE L’EPR

Le Figaro.

 

À 62,50 euros le mégawattheure, le solaire distance désormais sensiblement l’éolien, dont le coût est estimé en moyenne à 80 euros.

 

Les gains de compétitivité du solaire ne sont pas un vain mot. Jeudi, les résultats du quatrième appel d’offres photovoltaïque lancé par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) se sont soldés par un prix moyen de rachat de l’électricité – il correspond au seuil de rentabilité des installations – autour de 62,50 euros le mégawattheure (MWh), soit deux fois moins que l’EPR de Flamanville (Manche). La production du réacteur nucléaire de nouvelle génération actuellement en chantier devrait «sortir» aux environs de 120 euros le MWh.

«Cela tient à la fois à la baisse du coût des composants, à des conditions de financement attractives et à des critères de rentabilité plutôt sobres de la part des investisseurs»

 

Xavier Barbaro, président de Neoen

 

Parmi les lauréats de l’appel d’offres de la CRE, le français Neoen, premier producteur indépendant d’énergies renouvelables – et troisième dans la hiérarchie derrière Engie (ex-GDF Suez) et EDF – a remporté quelque 86 MW, répartis à travers dix centrales, ce qui en fait le principal lauréat. «Ces installations devraient être opérationnelles à l’horizon de deux ans, expose Xavier Barbaro, le président de Neoen, le fait de pouvoir s’appuyer sur des prix très compétitifs tient à la fois à la baisse du coût des composants, à des conditions de financement attractives et à des critères de rentabilité plutôt sobres de la part des investisseurs.»

 

Fort de ce prix de 62,50 euros, le solaire distance désormais sensiblement l’éolien, dont le coût est estimé en moyenne à 80 euros. Même si les partisans respectifs de chaque énergie prennent bien soin de ne pas les opposer, force est de constater que le solaire prend de plus en plus le leadership des énergies renouvelables, à la fois en France et dans le monde. Même si, à l’échelle de la planète, les deux énergies sont aujourd’hui au coude-à-coude avec environ 70 gigawatts (GW) de puissance installée.

«Dans le solaire, nous assistons à un autre phénomène intéressant, à savoir que les centrales photovoltaïques vieillissent mieux que prévu, poursuit Xavier Barbaro, dans la plupart des cas, elles vont pouvoir tourner pendant 30 ans alors que les contrats initiaux partaient sur des durées de 20 ou 25 ans.»

 


Réponse publiée par notre observatoire :


Monsieur De Monicault.

 

Comparons des produits comparables.

 

Bien qu’ils se présentent sous la même appellation de kWh, le kWh solaire est un produit intermittent qui est à sa puissance nominale 1 100 heures par an sur les 8760 de l’année. Il est au maximum de sa production (kWcrête) qu’une fois par jour. Il ne produit que le jour. Bien entendu, le photovoltaïque produit beaucoup moins l’hiver que l’été et il est très sensible à la nébulosité. Il est donc le résultat de la lumière du jour et ce de façon indépendante des besoins des consommateurs. En outre, sa durée d’exploitation est de 20 ans avec une baisse régulière de ses performances.

 

Le kWh de l’EPR sera disponible 7 884 heures par an, soit 90 % du temps, et au moment où les consommateurs en ont besoin. La durée d’exploitation prévue est à minima de 60 ans. Soit trois cycles de remplacement des panneaux solaires.

Comme le dit avec beaucoup de pertinence Marcel Boiteux, la comparaison que vous faites est celle d’un compte courant et d’un dépôt à terme. Le banquier ne peut pas utiliser votre compte courant mais en revanche, il peut utiliser votre dépôt à terme et c’est la raison d’une meilleure rémunération.

 

Si l’on veut comparer réellement les kWh photovoltaïque avec ceux de l’EPR, il convient de majorer les kWh photovoltaïque des coûts de stockage de cette électricité pour qu’elle soit utilisable par les consommateurs au moment où les besoins sont exprimés. Dans ces conditions la comparaison est faite entre 2 produits comparables. Demander à Monsieur Xavier Barbaro, président de Neoen, de faire ce calcul et vous serez édifié.

 

J’ajoute, en outre, que le prix donné au kWh de l’EPR, que je trouve trop élevé dans votre article, est celui du prototype. L’EPR nouveau modèle standardisé est conçu pour un coût du MWh de 70 €.

 

La puissance de l’EPR est de 1 650 MW. Demander également à Monsieur Barbaro la surface nécessaire pour produire une telle puissance et faites les comparaisons des emprises au sol. C’est toujours instructif.

 

Enfin, je dois dire que je me réjouis de cette baisse des coûts du kWh photovoltaïque qui n’a donc plus besoin d’une obligation d’achat à tarif fixé par arrêté ce qui dans l’avenir soulagera la contribution au service public de l’électricité.

 

Réponse au JDLE : Non, les députés ne découvrent pas le démantèlement des centrales

REPONSE DE JEAN FLUCHERE A VALERY LARRAMEE DE TANNENBERG DU JDLE SUR LES COÛTS de DECONSTRUCTION.

  (voir la réponse ci dessous, après l’article en italique)

2017-JDLE-NUCLEAIRE – QUAND LES DEPUTES DECOUVRENT LE DEMANTELEMENT

http://www.journaldelenvironnement.net/article/nucleaire-quand-les-deputes-decouvrent-le-demantelement,78990

Le 01 février 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg

 

Combien ça coûte de démanteler un réacteur : 350 ou 1300 M€ ?
CEA

 

La Commission du développement durable de l’Assemblée nationale craint que la déconstruction des centrales nucléaires ne soit plus longue et plus chère que prévu par EDF. Lequel jouerait la montre pour ne pas respecter la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV).

 

Voilà qui ne va pas arranger les affaires des géants du nucléaire français. Ce mercredi 1er février, la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale a publié un rapport d’information sur la «faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires de base». Diantre. Derrière cet intitulé, long comme une période radioactive d’actinide, se cache deux questions simples: savons-nous démanteler les réacteurs d’EDF ? Et avons-nous assez d’argent pour le faire ?

 

PAS RASSURÉS

 

Car, «au vu des opérations déjà menées par EDF, on n’est pas vraiment rassurés», lance la rapporteure, Barbara Romagnan. La députée PS du Doubs fait allusion au réacteur à eau lourde de Brenilis («18 ans d’activité, 47 ans pour le démantèlement»), aux difficultés à démanteler le surgénérateur Superphénix («dont on peine à évacuer le sodium liquide»), aux 6 réacteurs UNGG«dont on s’aperçoit, après 15 ans d’études, 20 ans après leur arrêt, qu’on ne sait pas les démanteler». Diantre.

 

RETOUR D’EXPÉRIENCE

 

L’exploitant du plus grand parc nucléaire serait-il nul à ce point ? EDF, bien sûr, s’en défend. Dans un communiqué, le groupe présidé par Jean-Bernard Levy souligne qu’il démantèle actuellement 9 réacteurs et que celui de Chooz A devrait être achevé en 2022. Nul doute, explique EDF, que l’expérience accumulée lors de la déconstruction de ce réacteur expérimental de 300 mégawatts et installé dans une caverne creusée dans une colline ardennaise «bénéficiera entière au parc nucléaire d’aujourd’hui en exploitation».

 

Les parlementaires ne souhaitent pas abroger le seuil de libération qui interdit de recycler un matériau utilisé dans une installation nucléaire. Pourtant, relève Julien Aubert, «nous n’interdisons pas l’importation de produits qui peuvent contenir de l’acier recyclé provenant d’une ancienne centrale». D’où la volonté des députés d’assouplir le dogme: «Peut-être en ne mettant que deux enveloppes sur ces déchets plutôt que trois ?», s’aventure Barbara Romagnan.

Ce dernier est pourtant composé de réacteurs trois à cinq fois plus puissants, tous installés au bord d’un fleuve ou de la Manche. Pour les machines d’autres filières (surgénération, UNGG, eau lourde), «ces installations, complexes à démanteler, consolident le savoir-faire d’EDF en matière de déconstruction». Un savoir-faire qui s’annonce en béton armé: les UNGG ne seront probablement pas démantelés, désormais, avant 2100, estiment les parlementaires.

 

RENDEZ-VOUS EN 2100

 

Et à propos de matériaux ductiles, qu’en est-il de la solidité de la tirelire qu’EDF a constituée pour financer le démantèlement de son parc ? Faute de la capacité à estimer par elle-même le montant du devis du démantèlement des 58 réacteurs en exploitation, la Commission a repris à son compte les chiffres d’EDF: 75,5 milliards d’euros. Sur ce montant, 36,1 milliards doivent être comptabilisés dans les comptes de l’énergéticien. Avec le taux d’actualisation choisi par EDF (4,4% l’an), la somme des 75,5 milliards doit être atteinte dès… 2100.

Spécificité de la législation française, les deux tiers des provisions initiales, soit 23,5 milliards, doivent être couvertes par des actifs. EDF a choisi de couvrir cette provision par la valeur de RTE, sa filiale en charge des lignes à haute tension. Problème: pour se désendetter, EDF a dû céder, fin 2016, 49,9% du capital de sa filiale (valorisée à 8,2 Md€) à la Caisse des dépôts (CDC) et à CNP Assurances. Les actifs sont-ils désormais autant couverts qu’ils le devraient ? Nul ne le sait.

 

Pour Barbara Romagnan, le doute n’est pas permis: «Les charges de démantèlement sont sous-évaluées et sous-provisionnées par EDF». D’autant que l’opérateur historique omet certaines dépenses, comme les taxes et assurances, la remise en état des sols contaminés, le retraitement du combustible usagé ou l’impact social du démantèlement.

 

En novembre dernier, Greenpeace avait porté plainte au parquet national financier contre EDF. Se basant sur une étude du consultant AlphaValue, l’association estime que l’électricien «dissimule» dans son bilan les 50 à 70 milliards de provisions pour le démantèlement de son parc nucléaire. Ce faisant, le groupe présidé par Jean-Bernard Levy se rendrait coupable de bilan infidèle et de diffusion d’informations trompeuses. Des accusations démenties par l’industriel qui a déposé plainte en retour contre l’ONG.

Une critique que ne partage pas Julien Aubert, président de la mission d’information. «Les provisions sous dotées, cela a une signification comptable et cela mène droit à une critique de la sincérité des comptes de l’entreprise», explique le député (LR) du Vaucluse, ancien magistrat à la Cour des Comptes.

 

350 OU 1.300 MILLIONS ?

 

S’ils se chamaillent sur les mots, les députés reconnaissent de concert que les provisions passées par EDF «sont parmi les plus basses de l’OCDE». Vrai, mais chaque pays n’intégrant pas les mêmes coûts, la comparaison internationale reste un exercice périlleux. D’une manière générale, EDF provisionne environ 350 millions par tranche quand ses confrères européens affectent dans leurs comptes entre 900 millions et 1,3 milliard. Conclusion des députés: «le coût du démantèlement risque d’être supérieur aux provisions»; la faisabilité technique «n’est pas entièrement assurée» et les travaux de déconstruction prendront «vraisemblablement plus de temps que prévu».

 

NON APPLICATION DE LA LOI

 

Se peut-il, finalement, qu’EDF impose son calendrier et son devis au parlement ? C’est la crainte formulée par les parlementaires: «Il apparaît à la mission d’information qu’EDF compte implicitement sur l’allongement de la durée d’exploitation, si possible jusqu’à 60 ans, du plus grand nombre possible de ses réacteurs pour augmenter progressivement le niveau de ses provisions et compenser les coûts.» Dit autrement, l’électricien public ne compte pas vraiment respecter la LTECV, qui impose au nucléaire de ne pas produire plus de 50% de l’électricité française à l’horizon 2025. Qu’en pense l’Etat actionnaire ?

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REPONSE DE JEAN FLUCHERE.

 

« EDF constitue progressivement le provisionnement de la déconstruction des centrales et de fin de cycle des combustibles sur les 40 premières années de fonctionnement. Ce chiffre est inclus dans le coût du KWh.

 

A fin 2015 le provisionnement était de : 36 Mds d’€ et l’âge moyen du parc était de 24 ans.

 

Le démantèlement des tranches similaires aux nôtres aux USA, Maine Yankee et Yankee Rowe a coûté 500 M$.

 

La déconstruction de notre parc de centrales REP coûtera sur cette base-là 29 Mds d’€ pour 15 milliards d’€ provisionnés à fin 2015.

 

La déconstruction de la centrale de Chooz A, première unité à eau pressurisée à être déconstruite se passe normalement et respecte son planning.

 

EDF ayant choisi un parc standardisé en tirera également profit en matière de déconstruction et les déconstructions à venir utiliseront à fond les systèmes robotisés. D’où un gain sur les coûts et les délais.

 

Si l’on ramène l’ensemble du parc REP à un âge moyen de 40 ans, la somme qui sera provisionnée sera de 24 Mds d’€. Mais les centrales verront leur durée d’exploitation prolongée de 10 à 20 ans. Ce qui signifie que le provisionnement continuera à s’effectuer sans pour autant que les travaux de déconstruction coûtent plus cher. On peut même penser que la robotisation sera encore plus poussée et que la déconstruction coûtera moins cher.

 

Seules les 6 tranches à uranium naturel, au gaz et au graphite ont des devis de déconstruction plus élevés.

 

La centrale de Superphénix était très avancée dans sa déconstruction. La partie conventionnelle est déconstruite. Le combustible est stocké. Le sodium neutralisé est stocké. Les cuves sont vides et les matériels primaires vont progressivement être déconstruits.

 

Que les députés subitement débattent de ces montants paraît louable à condition qu’ils en appellent à l’Office Permanent de l’Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques qui disposent sur ce sujet de beaucoup d’éléments.

 

Quant à la prolongation d’exploitation des unités en service, l’Etat actionnaire, mais il n’est pas le seul actionnaire, devrait se féliciter que l’outil de production d’une électricité décarbonée puisse faire 20 ans de plus sans problèmes et continue à lui rapporter des dividendes substantiels. »

 

Pour en savoir plus :

http://aepn.blogspot.fr/2013/11/centrales-demantelement-impossible-on.html

(NDLR :

La contestation des coûts d’EDF par la Rapporteure députée socialiste est politique :

Elle vient du postulat de la baisse de 75 à 50% du nucléaire et de la déconstruction d’un tiers du parc. La loi LTECV n’est basée sur aucun scénario crédible chiffré, et donc cette contestation est nulle et non avenue.

Les centrales seront prolongées puis remplacées vu les besoins de transfert d’usage des énergies fossiles, et des coût très excessifs du stockage pour les intermittentes électriques. Pas de raison de chiffrer un scénario qui n’existe pas.

Julien AUBER (LR) n’a pas assez dénoncé ce postulat, même s’il vient de la Loi et que nous sommes légitimistes.

Cette loi a toute les chances d’être rectifiée d’ici 2025 puisque l’opposition la conteste sévèrement.)

 

 

 

Réponse au JDLE: Le Paradoxe des hydroliennes marines – Quand le pseudo développement durable n’est pas soutenable

 

2017-REPONSE DE JEAN FLUCHERE A VALERY LARAMEE DE TANNENBERG DU JDLE

  (voir la réponse ci dessous, après l’article en italique)

 

2017-JDLE-RAZ BLANCHARD- GARE AUX GALETS

http://www.journaldelenvironnement.net/article/raz-blanchard-gare-aux-galets,79056

Le 02 février 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg

Les cailloux viendraient-ils à bout d’une hydrolienne de plus de 800 tonnes?

Les galets menacent-ils la sécurité des hydroliennes. C’est la question à laquelle va tenter de répondre le Shom.

 

C’est au bord du littoral du Cotentin qu’EDF et DCNS Energies entendent implanter leur première ferme pilote d’hydroliennes. A 3 kilomètres au large du village de Jobourg, l’énergéticien et le constructeur d’hydroliennes prévoient de mettre à l’eau 7 machines de 2 mégawatts (MW) de capacité unitaire, d’ici à 2019. Ces turbines OpenHydro pourront alors bénéficier de la puissance et de la régularité du Raz Blanchard, l’un des plus puissants courants de marée d’Europe. Mais il faudra pour ce faire lever une hypothèque: les galets.

 

LANCÉS À 23 KM/H

 

Par un fort coefficient de marée, la vitesse du courant peut atteindre les 12 nœuds: près de 23 km/h. «Or, à cette vitesse, on ne sait pas à quelle hauteur les galets se déplacent», explique Thierry Garlan. Roulent-ils sur le fond ou flottent-ils entre deux eaux? Hormis les tourteaux, nul ne peut répondre à la question.

 

Elle n’est pas sans importance. «Selon leur déplacement, sur le sol ou en pleine eau, il faudra peut-être renforcer les socles des hydroliennes, voire protéger leurs pales», explique l’ingénieur au laboratoire de géologie marine du service hydrographique de la marine (Shom).

 

Pour en avoir le cœur net, le Shom va immerger au printemps plusieurs appareils de mesure dans la zone guignée par EDF et DCNS. On en saura alors un peu plus sur les migrations des galets du Raz Blanchard.


 

Réponse de Jean Fluchère.

 

Cette hydrolienne pèse 300 t et repose sur une embase de 1 000 t de béton.

Elle a une puissance maximum de 1 MW

Elle a un facteur de charge de 10 %.

Elle produira donc si elle marche 876 MWh par an.

 

Eléments de comparaison :

Le stator d’un alternateur d’une tranche de 1 000 MW pèse 300 t.

Il produit chaque année 7 746 MWh par an et à la demande.

Bilan : l’impact matière des hydroliennes réclame 1 000 % d’empreinte supplémentaire par rapport à un groupe turboalternateur.

Paradoxe : Le pseudo développement durable n’est pas soutenable.

 

Pour en savoir plus :

http://www.sauvonsleclimat.org/energies-marines-la-france-en-retard,-comme-d%E2%80%99habitude/35-fparticles/1959-energies-marines-la-france-en-retard,-comme-d%E2%80%99habitude.html

 

Réponse au JDLE : « Sortir du Nucléaire » est parfaitement absurde. Et chiffrer cette destruction de valeur l’est encore plus.

 

REPONSE A VALERY LARAMEE DE TANNENBERG SUR LE CHIFFRAGE DES COUTS DE SORTIE DU NUCLEAIRE -JOURNAL DE L‘ENVIRONNEMENT

  (voir la réponse ci dessous, après l’article en italique)

 

2017-JDLE-SORTIE DU NUCLEAIRE-LE DEVIS DE L’INSTITUT MONTAIGNE

http://www.journaldelenvironnement.net/article/sortie-du-nucleaire-le-devis-de-l-institut-montaigne,80394

 

Le 13 mars 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg

  

A peine construit, l’EPR de Flamanville devra être démantelé.
VLDT

 

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélanchon proposent d’arrêter l’atome. L’institut Montaigne tente d’évaluer le coût de la mesure.

 

L’argent ne fait pas le bonheur. Mais il fait les programmes électoraux. Tel est l’un des angles adoptés par l’institut Montaigne pour évaluer les propositions des principaux impétrants à la magistrature suprême.

 

Depuis le début de la campagne électorale, le club de réflexion créé par Claude Bébéar chiffre les différents projets: une autre façon de faire son choix. Dernier épisode de la série: la sortie du nucléaire, prônée par Benoît Hamon (PS) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise).

 

PAS DE DEVIS

 

Première remarque: aucun des deux candidats ne présente le moindre devis. Les experts libéraux se sont donc mis au travail. Le sujet étant des plus complexe et assez hasardeux, ils retiennent certaines hypothèses du rapport rédigé, en 2014, par les députés Hervé Mariton (LR) et Marc Goua (PS).

 

En gros, l’impact économique, direct et indirect de la fermeture anticipée d’une centrale nucléaire, comparable à celle de Fessenheim [1], est de 5 milliards d’euros.

C’est aller un peu vite en besogne: les deux parlementaires avaient présenté une batterie de scenarii, chiffrés entre 650 M€ et 5 milliards. L’institut Montaigne marque une préférence pour le plus cher. Sans expliciter son choix.

 

QUID DU DÉMANTÈLEMENT ?

 

Aucun chiffre précis sur le coût du démantèlement. Il est vrai qu’en la matière, personne n’est d’accord. En 2012, la Cour des comptes l’avait estimé à 22 milliards. Plus récemment, l’ardoise a été portée à 75 milliards (sur un siècle) par l’assemblée nationale.

 

COÛT ENVIRONNEMENTAL

 

Pas de chiffrage non plus du «coût environnemental» de la dénucléarisation. Mais la certitude que la sortie du nucléaire se traduira «par une augmentation à court terme des émissions de gaz à effet de serre, comme l’a montré le cas de l’Allemagne». Les deux bouquets énergétiques étant totalement comparables, c’est bien connu.

 

TRANSPORT SANS DISTRIBUTION

 

Se voulant précis, pour une fois, l’institut Montaigne estime entre 8 et 11 milliards le montant annuel de l’addition de la construction de centrales de production d’électricité utilisant les énergies renouvelables. A cela, il faut ajouter 700 millions annuels à la modernisation du réseau de transport d’électricité. Pas un mot, en revanche, sur l’adaptation du réseau de distribution, qui accueille pourtant la plupart des installations photovoltaïques.

 

EDF devra être indemnisée, rappellent les analystes libéraux. Lesquels reprennent les 500 millions prévus pour compenser la fermeture (encore hypothétique) des deux réacteurs de Fessenheim comme base de travail.

 

DANGER POUR LA SÛRETÉ

 

Autre effet indésirable de l’arrêt de l’atome: la dégradation de l’attractivité du secteur pour les jeunes diplômés. Avec comme corollaire: la diminution de «la sûreté des installations à moyen et long terme.» La fin du nucléaire rendrait donc le nucléaire plus dangereux. Inattendu !

On l’aura compris, le devis de la fin accélérée de l’électronucléaire est important. L’institut Montaigne la chiffre à 10,1 Md€ par an d’ici à 2025pour atteindre ensuite 13,6 Md€/an entre 2026 et 2035. Le montant total de l’addition étant évalué à 217 Md€. Un chiffre qu’il faudra réévaluer : en le garnissant, notamment, des coûts du démantèlement et de la gestion des déchets produits par cette déconstruction.

 

Ce dernier volet étant tributaire de la réutilisation (ou non) des millions de tonnes de gravats et de ferrailles issues de la destruction des 58 réacteurs. Autre grande inconnue : le coût des énergies renouvelables, dont les prix ne cessent de s’effondrer (le coût du photovoltaïque a chuté de 90 % ces six dernières années). Et la déflation est loin d’être terminée de l’avis de la plupart des analystes.

[1] Fessenheim est équipée de deux réacteurs à eau sous pression de 900 MWe.


 

REPONSE A VALERY LARAMEE DE TANNENBERG SUR LE CHIFFRAGE DES COUTS DE SORTIE DU NUCLEAIRE -JOURNAL DE L‘ENVIRONNEMENT

 

Jean Fluchère, à Monsieur Valérie Laramée de Tannenberg.

 

Monsieur Valérie Laramée de Tannenberg,

 

Je réponds à votre article sur la sortie du nucléaire et le chiffrage de l’Institut Montaigne.

 

Tout d’abord, il serait bon d’indiquer que les Allemands ont déjà dépensé plus de 300 Mds d’€ dans les ENR intermittentes, que le coût du kWh pour les clients domestiques est le double que celui pratiqué en France et que les émissions de  CO2 par habitant sont beaucoup plus élevées qu’en France.

 

Le chiffrage de l’Institut Montaigne peut toujours être critiqué comme vous le faites mais la question fondamentale reste « pourquoi vouloir sortir de l’électronucléaire en France ? »

 

Pourquoi sortir du nucléaire, une énergie propre, sûre, compétitive et créatrice d’emplois de haut niveau de qualification car l’essentiel de la valeur ajoutée d’un MWh nucléaire est faite en France?

 

Quelles en  sont les raisons majeures ?

 

Sauf des raisons idéologiques, il n’en existe aucune.

 

  1. Elle est largement plus propre que les centrales au charbon, au fuel et au gaz. Il suffit, pour en être convaincu, d’aller visiter une centrale nucléaire et une centrale thermique classique. Tous les rejets du nucléaire sont consignés et largement conformes aux exigences de l’autorité de sûreté nucléaire. On dit que les rayonnements sont invisibles et c’est exact. Mais il en va de même pour l’électricité, le gaz carbonique, l’azote et les oxydes d’azote, l’oxyde de carbone et de bien d’autres risques dont on se prémunit grâce à des appareils de mesure. Et les appareils qui mesurent la radioactivité sont extrêmement sensibles. A bonne preuve, les mesures de l’IRSN faites depuis le début de l’année qui montre une élévation absolument inoffensive de radioactivité due à l’iode dont l’origine serait dans un des pays de l’Est

 

La France a fait le choix de fermer le cycle du combustible, c’est-à-dire de le retraiter dans l’usine de la Hague qui fonctionne comme un centre de tri spécial pour les combustibles usés. D’abord, on recycle ce qui est du combustible, c’est-à-dire le plutonium qui s’est formé à partir de l’isotope fertile (uranium 238) pendant le fonctionnement des réacteurs. On récupère ensuite l’uranium de retraitement qui contient plus d’uranium 235 fissile que l’uranium naturel. Puis on trie les déchets en fonction de leur nocivité et de leurs périodes de façon à les entreposer dans des zones spécifiques.

 

Jean-Pierre Chevènement, à qui certains disaient que la Hague était la poubelle du nucléaire, avait répondu, avec beaucoup d’à-propos, que c’était d’abord et surtout une blanchisserie.

 

Tous les colis de déchets sont tracés. On connait leur contenu, le site d’où ils viennent, les contrôles dont ils ont fait l’objet, le site d’entreposage. Et la plus grande quantité disparait naturellement en raison d’une radioactivité de période courte.

 

Les sites de stockage sont sous la responsabilité et la surveillance de l’Agence Nationale des Déchets Radioactifs (ANDRA) qui est un organisme public.

 

Aucune autre industrie ne prend autant de précautions avec ses déchets ultimes.

 

  1. L’énergie nucléaire française est sûre dans la mesure où la conception des centrales a pris en compte les risques d’accident et en a réduit les probabilités tout en mettant en place les dispositifs de sauvegarde.

 

La construction a fait l’objet d’un contrôle  des matériels en usine puis sur les sites tandis que le personnel d’exploitation et de maintenance est bien formé et fait de la sûreté nucléaire la raison primordiale de son activité. Il suffit de les questionner librement et ils vous diront tous que les problèmes de sûreté sont au-dessus de toutes autres préoccupations et que leur hiérarchie est très exigeante sur ce sujet.

 

Nous exploitons des centrales nucléaires depuis 50 ans en France et nous n’avons jamais connu d’accidents significatifs. Chaque évènement, même mineur, est porté à la connaissance de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

 

Mais il y a un point, souvent oublié dans les medias, c’est l’exigence française d’une progression continue du niveau de sûreté pour tenir compte du retour d’expérience français et mondial. Nous sommes les seuls à avoir fait, après l’accident américain de Three Miles Island, autant de modifications de nos installations, de modifications de nos procédures de conduite et de nos organisations.

 

Si bien que nous avons été très surpris de voir les explosions dues à l’hydrogène à Fukushima et les rejets dans l’environnement non préalablement filtrés. Nous avons des recombineurs catalytiques passifs d’hydrogène dans nos centrales et des filtres de 100 tonnes de sable pour arrêter les aérosols si nous étions amenés à décomprimer les enceintes des réacteurs.

 

Si Fukushima en avait été équipé, il n’y aurait eu ni explosion due à l’hydrogène, ni pollution de l’environnement par les aérosols de césium. Et l’accident serait resté un accident industriel et seulement un accident industriel.

 

C’est EDF qui, après l’accident de Tchernobyl, a créé l’association mondiale des exploitants de centrales nucléaires (WANO), association très actives à la fois pour échanger des bonnes pratiques et pour exposer les incidents rencontrés en exploitation.

 

 

  1. Elle est compétitive. Il suffit de lire les comptes rendus très instructifs de la Cour des Comptes faits en 2012 et en 2014. Et elle serait bien plus compétitive si l’UE s’était dotée d’une taxe carbone de 100 €/tonne de gaz carbonique comme cela est en vigueur en Suède.

 

  1. Elle est créatrice d’emplois car toute la valeur ajoutée du cycle du combustible et des activités des centrales sont faites avec du personnel français de haut niveau de qualification.

 

Pourquoi donc croyez-vous  que les asiatiques : l’Inde, la Chine, la Corée du sud, la Malaisie, mais aussi le Vietnam et l’Indonésie disent tous que l’on ne fera pas de développement soutenable sans recours au nucléaire ? Ils savent ce qu’est la pollution des centrales thermiques.

 

Détruire de la valeur économique et industrielle, des emplois, des soldes positifs exportateurs pour la simple raison qu’il faut « Sortir du Nucléaire » est parfaitement absurde. Et chiffrer cette destruction de valeur l’est encore plus.

 

Jean Fluchère

 

Réponse au JDLE: Le charbon est bien plus polluant que le nucléaire y compris sur le plan radioactivité rejetée

Rappel du contexte : Le charbon rejette des polluants chimiques qui ne sont pas anodins pour la santé et il est dans le monde 100 000 fois plus radioactif que le nucléaire.

Mais ces faibles doses, très diluées dans l’espace, ne représentent pas un danger vu la connaissance qu’on a désormais sur les faibles doses de radioactivité.

En dessous de 100 mSv par an, aucun danger. On parle ici de 1 mSv additionnel par rapport à la radioactivité naturelle.

 

REPONSE DE JEAN FLUCHERE A MONSIEUR VALERY LARAMEE DE TANNENBERG.

 (voir la réponse ci dessous, après l’article en italique)

2017-JDLE-ELECTRICITE-LE CHARBON PLUS RADIOACTIF QUE LE NUCLEAIRE

http://www.journaldelenvironnement.net/article/electricite-le-charbon-plus-radioactif-que-le-nucleaire,79350

 

 

Le 10 février 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg

 

Gros émetteur de radon, le cycle du charbon plombe le bilan nucléaire de la principale filière mondiale de production d’électricité, souligne l’Unscear.

 

Mauvais karma pour le charbon. Désormais, ce ne sont plus les adorateurs du climat qui vont vouloir la peau de King Coal mais aussi les médecins. Certes, ces derniers ont déjà, à maintes reprises, tiré la sonnette d’alarme à propos des effets sur le système respiratoire des particules carbonées.

BILAN SANITAIRE

 

En octobre dernier, 60.000 professionnels de santé britannique signaient une pétition réclamant l’arrêt des centrales au charbon du royaume, responsables à leurs yeux de 3.000 décès prématurés par an.

 

Plus récemment, une étude de chercheurs de l’université de Harvard a montré que la construction de nouvelles installations en Asie du Sud-Est pourrait tripler le nombre de décès liés à la pollution de l’air.

 

Cette fois, il ne s’agit plus de particules fines, mais radioactives. Vingt-quatre ans après sa dernière étude sur le sujet, le Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (Unscear) a réévalué la contamination radioactive du public et des travailleurs par le système électrique.

 

Dit autrement, quelle dose de radiation les personnes exploitant les centrales (et assurant leur approvisionnement en combustible) et les riverains reçoivent-ils?

 

LE NIVEAU DE RAYONNEMENT PAR FILIÈREs[1]

Charbon Gaz Fioul Géothermie PV éolien Biomasse
Démantèlement n.c. n.c. n.c. n.c. n.c. n.c.
Activités minières 7 3 n.c. n.c. n.c. n.c. n.c.
émissions totales 677 à 1407 58 0,03 5 à 160 n.c. n.c. 0,4

Source : Unscear

 

Dans le volumineux rapport qu’il a mis en ligne jeudi 9 février, l’Unscear évalue les émissions, amont et aval (de la mine à la cheminée) des modes de production d’électricité les plus courants: centrales au charbon, à gaz et au fioul, réacteurs nucléaires, éoliennes, fermes solaires, chaudières à biomasse et centrales à géothermie profonde.

 

DOSE COLLECTIVE

 

Si, globalement, les niveaux restent faibles, force est de constater que les centrales au charbon sont de loin les plus émettrices (via le radon). Selon qu’il s’agisse d’une vieille installation ou d’une centrale dernier cri, les niveaux de doses collectives oscillent entre 1.400 et 670 homme-sievert par gigawatt (homme.mSv/GW) installé[2]. A comparer à une tranche nucléaire (130 homme.mSv/GW) ou à une centrale à gaz (55 homme.mSv/GW).

Et les renouvelables? Elles ne sont pas exemptes de tout reproche. Les travaux de construction et d’extraction de minerai font monter leur niveau d’émission entre 0,4 et 4 homme.mSv/GW.

 

SURPRISE GÉOTHERMIQUE

 

Seule surprise: la géothermie. Les émanations de radon de ses forages peuvent faire bondir le niveau de radiation à un niveau supérieur à celui d’un réacteur.

 

Les rédacteurs notent toutefois que le nombre de centrales à géothermie étant très réduit, le risque de contamination du public est des plus faibles.

 

Plus émetteur par gigawatt installé, le charbon l’est aussi globalement: 40% de l’électricité mondiale reste produite par des centrales de ce type, contre 13% pour l’énergie nucléaire, rappelle le comité onusien. «Le comité a estimé que le cycle du charbon contribue pour plus de la moitié à la dose collective imputable à la production d’électricité, tant au niveau local que régional», concluent les rapporteurs.

[1] En homme.sievert par gigawatt installé.

[2] L’homme sievert (homme.Sv) est l’unité de grandeur de dose collective. Cette dernière est la somme des doses individuelles reçues par un groupe de personnes. La dose collective de 10 personnes ayant reçu chacune 1 millisievert est égale à 10 homme.mSv.

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REPONSE A VALERY LARAMEE DE TANNENBERG -JOURNAL DE L‘ENVIRONNEMENT

 

Jean Fluchère, à Monsieur Valérie Laramée de Tannenberg.

 

Monsieur Valéry Laramée de Tannenberg,

 

Je réponds à votre article sur la radioactivité émise lors de la combustion du charbon.

 

Pourquoi donc croyez-vous  que les asiatiques : l’Inde, la Chine, la Corée du sud, la Malaisie, mais aussi le Vietnam et l’Indonésie disent tous que l’on ne fera pas de développement soutenable sans recours au nucléaire ? Ils savent ce qu’est la pollution des centrales thermiques.

 

Il se trouve qu’au début de ma carrière j’ai travaillé pendant 2 ans dans la centrale thermique au charbon de Blénod les Pont à Mousson qui comprenaient 4 unités de 250 MW soit une installation analogue à nos tranches nucléaires de 1 000 MW.

 

En fonctionnement continu, cette centrale brûlait 10 000 tonnes de charbon par jour, soit, en comptant la modulation de charge du printemps et les révisions de tranches qui se faisaient en été,  3 millions de tonnes de charbon par an.

 

Il s’agissait du charbon lorrain qui contenait 20 % de silice. Nous récupérions via les dépoussiéreurs électrostatiques 99 % de ces cendres volantes soit près de 600 000 tonnes par an dont une partie servaient dans les cimenteries et l’excédent (important) était stocké dans une vallée de l’autre côté de la Moselle.

 

Une tranche de 1000 MW électronucléaire comprends 157 assemblages de 500 kg chacun. Pour une production d’énergie électrique analogue à celle de Blénod, nous devons recharger un tiers de cœur toutes les années soit 52 assemblages de 500 kg chacun, ce qui donne 26 tonnes de combustibles enrichi à 4,5 %.

 

Après 18 mois en piscine de désactivation, ces 52 assemblages vont à la Hague où ils sont retraités, c’est à dire que l’on sépare les matières fissiles, plutonium et uranium résiduel, puis on trie les déchets en fonction de leur nocivité et de leur demi-vie.

 

Compte tenu de la réutilisation partielle du plutonium sous forme d’assemblages MOX dans 20 tranches, ce qui revient à économiser la recharge complète de 8 unités, nous devons recharger 50 tranches toutes les années, ce qui demande 1 300 t d’uranium enrichi à 4,5 % et compte tenu de la teneur en uranium 235 de l’uranium naturel qui est de 0,7 %, la France consomme pour l’ensemble de son parc 9 100 tonnes d’uranium naturel

 

Dans le charbon de Blénod, mais c’est vrai partout, on trouve des traces de soufre, de phosphore, de mercure, d’arsenic, de cadmium, de tous les halogènes, fluor, chlore, brome, iode, astate, d’un élément radioactif présent dans notre corps, le potassium 40, de plomb, élément stable final de la désintégration de l’uranium, et donc de toute la filiation de l’uranium, c’est à dire le radon, le radium, le polonium.

 

J’ajoute qu’il y a aussi des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des composés organiques volatils (COV) qui ne sont pas entièrement détruits dans les chambres de combustion.

 

Mais quand vous brulez 3 millions de tonnes de charbon par an, la somme des traces finit par faire des dizaines de kg.

 

Par ailleurs, la combustion se fait dans des chambres dont la température est très élevée d’où une oxydation de l’azote de l’air comburant qui produit des NOx.

 

La centrale de Blénod n’était pas équipée de désulfureurs, ni de dénitrificateurs.

 

Ceci signifie tout simplement que dans les gaz de combustion sortants à la cheminée, nous avions, outre le gaz carbonique,  des oxydes de soufre en quantité importante, des NOx, et tous les produits que j’ai évoqué ci-dessus qui sont tous volatils à des températures basses par rapport aux 800 °C de la chambre de combustion. Ils sortaient donc en totalité.

 

Enfin, les dépoussiéreurs électrostatiques ont des rendements de 99 %, c’est à dire qu’ils laissent passer 1 % en masse vers la cheminée et ce 1 % n’est constitué que de particules fines.

 

Les pluies acides existent et nous savons parfaitement d’où elles viennent.

 

Nous trouvons des composés mercuriels dans les lacs isolés à 2 500 m d’altitude. Et l’on ne peut pas dire que ce sont les activités humaines proches qui sont à l’origine de ces pollutions. Ce sont des retombées issues d’émissions très lointaines. Les nitrates que l’on retrouve dans nos forêts résultent de la recomposition lointaine d’une partie des NOx, la partie principale retombant sous forme d’acide nitrique aux abords du point d’émission que constitue la cheminée.

 

Il sort également beaucoup plus de radioactivité, non comptabilisée, des centrales à charbon que des centrales nucléaires. Il sort des métaux lourds qui se recombinent avec l’atmosphère et retombent sur les sols et des halogènes dont on connaît le pouvoir oxydant. En outre, la silice n’est pas anodine puisqu’elle donne la silicose.

 

D’ailleurs, en son temps, le Président de l’ASN a fait réaliser par « les Amis de la Terre » des relevés de radioactivité autour des parcs à cendres et des teneurs radioactives des eaux de ruissèlement. Vous trouverez ces rapports sur le site de l’ASN. (Voir RNTR). Et il ne s’agit là que des produits radioactifs entraînés par les cendres volantes. C’est-à-dire une valeur infime. La plus grande quantité part par la cheminée avec les gaz de combustion.

 

Abandonner le nucléaire ne serait pas compensé par la production des éoliennes et du photovoltaïque comme l’Adème a voulu le démontrer dans une étude complètement ubuesque puisque sans solution sérieuse de stockage pour transformer ces électricités aléatoires en électricité pilotable à la demande.

 

Abandonner le nucléaire serait un retour aux combustibles carbonés et au moins onéreux d’entre eux, le charbon. L’exemple de l’Allemagne en est l’illustration.

 

Revenir au tout carboné demanderait des quantités de charbon gigantesques. 63 GW X 3 millions de tonnes/GW = 189 millions de tonnes de charbon importées ce qui représenterait un déficit de la balance commerciale du pays encore plus fort qu’il n’est.

 

Pourrions-nous mettre ces centrales au charbon sur les sites des centrales nucléaires ? La réponse est non pour plusieurs raisons:

 

  1. Il faudrait pour un site de 4 tranches de 1 000 MW, un parc à charbon pour tenir 2 mois pendant l’hiver quand le transport est plus délicat soit un stock intermédiaire de 2,4 millions de tonnes c’est à dire une montagne de charbon. Blénod démarrait en fin septembre avec un stock sur parc de 600 000 tonnes, et c’était déjà une montagne. Le parc à charbon était beaucoup plus grand que la centrale elle-même. Or nous n’avons pas suffisamment de place disponible sur les sites,
  2. Sur stock et à l’air libre, le charbon fermente et exhale des produits volatils qui s’enflamment spontanément. Il faut donc l’arroser en permanence pour éviter le feu des stocks et surtout la perte de pouvoir calorifique si les produits volatils disparaissent avant d’être brulés en chaudière,
  3. Le charbon est un pondéral. A l’époque, nous brûlions sur le carreau des mines ou presque, soit en Lorraine, soit dans la Nord, soit à Gardanne. Ceci permettait de charger directement les wagons sans rupture de charge. Aujourd’hui, le charbon serait importé dans des ports minéraliers pour y être brûlé directement à la sortie des navires minéraliers. Or ces ports ne sont pas très nombreux, Martigues-Fos, Le Havre, Cordemais, Calais –Dunkerque et surtout ils ne sont pas conçus pour recevoir de telles quantités de pondéral. Il faudrait donc les réaménager.
  4. Enfin, je vous parle d’une époque où la consommation française était de 250 TWh dont 60 provenaient de l’hydraulique et 190 TWh venaient des tranches thermiques.

Aujourd’hui, la consommation française est de 500 TWh dont 90 TWh viennent de l’hydraulique, de l’éolien et du PV. Il faudrait alors que le charbon puisse fournir  410 TWh. Nous aurions à importer 189 millions de tonnes à un cours de 40 $ sur le lieu de départ. Ce prix doit être majoré du coût du transport et de la manutention, environ 5 $/t .Comptons 45 €/ la tonne.

Cela donnerait une dépense de 189 X106  X 45 = 8 505 X 106 € soit 8,5 Mds€ qui s’ajouterait au déficit de notre balance des paiements.

A comparer au coût du minerai d’uranium naturel pour alimenter notre parc. L’uranium naturel mis sous la forme de Yellow Cake, U3O8, est actuellement à 25 €/la livre.

Nos achats annuels sont de 9 100 t soit 9100 10 3 X 25X 2 = 455 M€.

A noter que le solde exportateur moyen annuel électrique de la France est de 2 Mds d’€ grâce aux 50 à 60 TWh du solde de nos échanges. Il rembourse ainsi 4 fois nos importations d’U3O8 pour l’ensemble du parc français solde exportateur compris.

La masse spécifique de l’U3O8 est d’environ 10. Nous importations représentent un stock de 910 m3, donc très faible. Comme il représente un coût très bas, nous pouvons stocker 4 à 5 ans de combustibles sur le territoire national. En outre, nous disposons de 15 000 t d’uranium de retraitement à la Hague dont le taux en U235 est de 1 %. Et ce stock peut être enrichi à 4,5 % représentant ainsi de l’ordre de 2 ans d’approvisionnement de nos réacteurs. Et nous avons également un stock considérable d’uranium appauvri qui pourrait lui-aussi servir de matériau combustible de base en réalisant un enrichissement poussé. Enfin l’uranium est réparti de façon assez harmonieuse sur le globe : en Afrique, au Kazakhstan, au Canada, en Australie, et même sur le territoire national, etc.

Il n’y a pas de risque de voir se constituer un cartel à l’image de l’OPEP. Pour toutes ces raisons, nous pouvons dire que le nucléaire assure l’indépendance électrique de la France.

5 – En matière d’émission de CO2, faire 410 TWh au charbon qui émet 1 kg par KWh soit 1 tonne par MWh donnerait 410 X 10 6 X 1 = 410 millions de tonne de CO2. Soit par habitants 410 X 106 /65 106 = 6,3 t supplémentaires par an et par habitant. C’est-à-dire que cela ramènerait la France à un niveau comparable à celui de l’Allemagne.

Je pense que vouloir remplacer le parc nucléaire sûr, propre, compétitif et créateur d’emplois par du charbon mérite ce genre d’approche objective. Même si toute la production nucléaire était en partie remplacée par un mix composé de centrales à charbon et de centrales à cycle combiné à gaz. Le bilan carbone par habitant serait le double de celui que nous connaissons.

Et que penser de l’acceptation sociale des populations voisines de ces nouvelles centrales ?

Jean Fluchère

 

 

Vidéo : Désinformation dans l’audio-visuel concernant les Energies Renouvelables

A noter cette communication de l’association Vent de colère, qui apporte sa vision en réaction au plan de communication du lobby éolien, relayé par des médias friands d’optimisme vert et par certains partis en conflit d’intérêt électoral voir financier.

https://vimeo.com/user63580623/enrdesinformation

          « Partant du 13h de France 2 le 8 février 2017 et de l’émission politique de France Info le 11 février 2017 à 8h30, nous avons réalisé cette vidéo qui montre à quel point en particulier les médias enjolivent les performances des énergies éoliennes et solaires, et de ce fait contribuent à désinformer le public en lui donnant de faux espoirs sur leurs capacités à contribuer à la réduction des gaz à effets de serre et à être une source de production sûre, économique et fiable »

http://www.ventdecolere.org