Le nouveau nucléaire, en fait pas si cher ? Réponse à Dominique Seux de France Inter.

Le sujet de l’énergie en France dans les médias : Panurge ou Panisse ?

Actuellement les journalistes ressemblent plutôt à des moutons de Panurge 😉

Ils répètent inlassablement le discours des Verts : « Le nouveau nucléaire est cher ».

Cher par rapport à quoi ? Aux EnR ? C’est faux.

Car la déontologie veut qu’on ne compare que ce qui est comparable : à service constant, et à CO2 et importations constants.

Et là c’est tout différent. C’est Panisse qui débarque pour nous mettre un coup de pied au fesses 😉

Extrait truculent de Pagnol :

Panisse à M.Brun:

« Si vous voulez naviguer sans prendre le risque de chavirer, c’est pas un bateau qu’il faut acheter mais une île !”

Et César présent ajoute:

“Oui monsieur Brun, achetez le château d’If et Panisse vous vendra les voiles!”.

Morale de l’histoire : L’éolien ne parait pas si cher…mais ne nous mènera nulle part.

Mieux vaut prendre le risque de payer le prix, et de réussir la décarbonation en France, et bientôt dans le monde grâce à toutes les énergies conjuguées la où elles sont le plus utiles. Car comme l’affirme, si on inclut le stockage nécessaire à l’éolien et au solaire, le coût est au moins dix fois plus cher à périmètre constant !

Donc pour rebondir sur la chronique pertinente de Dominique Seux, voici quelques commentaires en rouge ci dessous :

 171026 France-Inter « L’édito-éco » de Dominique Seux

« Merckel au pied de la centrale »

https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-eco/l-edito-eco-26-octobre-2017

« Angela Merkel commence les discussions avec les Verts allemands sur le climat et elle est en position de faiblesse.

Oui, et c’est intéressant parce que le résultat de ces discussions va dessiner la coalition qui sera portée au pouvoir et parce que, aussi, l’Allemagne fait figure d’un pays qui fait des efforts considérables pour lutter contre le réchauffement climatique. En réalité, notre grand voisin est sorti -sort- du nucléaire (c’était la principale décision de Merkel) mais elle est loin d’être sortie du charbon, il y a encore des dizaines de centrales très polluantes. Du coup, les Verts veulent la fin du charbon et du lignite, qui représentent aujourd’hui 40% de la production électrique. Certes, la part des éoliennes et du solaire progresse, mais pour l’instant l’Allemagne rate ses objectifs climatiques. Les émissions de CO2 devaient diminuer de 40% entre 1990 et 2020, ce sera environ 32%. Et encore une petite astuce explique que la comparaison avec 1990 est trompeuse : à cette époque, il y avait encore beaucoup d’usines de l’ex-Allemagne de l’Est, qui polluaient énormément, mais qui ont été fermées très vite. Pour la période récente, une croissance plus élevée et des exportations d’électricité record [*] expliquent pourquoi les émissions de CO2 n’ont – écoutez bien – plus baissé depuis 2011. Ce qui pose un problème quand même. Alors que faire ? Ce sera au cœur des négociations qui démarrent aujourd’hui avec les Verts.

 

Où en est la comparaison avec la France ?

Mauvaise nouvelle : les émissions de CO2 y ont aussi légèrement remonté l’année dernière, en raison de l’arrêt prolongé de plusieurs centrales nucléaires l’hiver dernier, compensé par des centrales au gaz. Donc, deux mauvais élèves, un par-tout, balle au centre ? Pas exactement. Parce qu’il faut regarder le niveau des émissions. Quand l’Allemagne émet l’équi-valent de 902 millions de tonnes de CO2 en un an, la France se situe aux alentours de … 475 millions. Evidemment, c’est le rôle joué par le nucléaire qui explique cela. Un nucléaire contesté, contestable parce qu’il devient très cher par rapport à d’autres énergies [**] et parce qu’il présente des risques [***], mais un nucléaire qui permet d’être un pays qui contribue pas loin de deux fois moins au réchauffement climatique que l’Allemagne.

Libres commentaires de FP :

* L’Allemagne exporte surtout quand il y a excès de vent ou/et de soleil (sur toute l’Europe de l’Ouest sauf exception) c’est-à-dire quand le marché « spot » de l’électricité s’effondre

** Pour autant, est-il pertinent de comparer un kilowattheure garanti (parce qu’issu d’une centrale pilotable) à un kilo-wattheure dont la disponibilité ne colle pas forcément à la nécessité (s’agissant d’énergies intermittentes, par essence) ? Surtout sans tenir compte des subventions aux énergies renouvelables : la taxe EEG allemande est près de 4 fois plus élevée que son équivalente française CSPE …

*** Risques nucléaires indéniables ; ceux dûs au réchauffement climatique (et à la pollution) aussi ; quant aux risques de pénurie d’énergie, leurs conséquences sont pires encore … Quels sont les remèdes respectifs ?

 

Fin
PS : pour en savoir davantage sur les coûts, écoutez JM Jancovici et lisez le Shift project.

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Réponse à Marine JOBERT du JDLE : Non le nucléaire n’est pas et ne sera pas une « énergie d’appoint » si le climat nous importe

Réponse de l’OMEC ci dessous en rouge.

« ENERGIES- LES RENOUVELABLES COMME MODELE, LE NUCLEAIRE EN APPOINT… »

http://www.journaldelenvironnement.net/article/energies-les-renouvelables-comme-modele-le-nucleaire-en-appoint-en-2030,87724

Le 07 novembre 2017 par Marine Jobert

Fessenheim fermera bien pendant le quinquennat.

Nicolas Hulot se donne un an, le temps de la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), pour annoncer le calendrier de fermeture des réacteurs qui réduira la part du nucléaire à 50% du mix, pourtant promis pour 2025. Un temps pour convaincre les Français de la nécessité des renouvelables pour atteindre les objectifs climatiques.

Bye-bye 2025.

Nicolas Hulot a dit tout haut «ce que beaucoup savaient sans vouloir l’énoncer»: la diminution de 50% de la part du nucléaire dans le mix énergétique français sera plus lente que prévu.

Le principe de réalité finit toujours par s’imposer !

En cause, paradoxalement, la nécessité pour la France de tenir ses engagements, notamment climatiques. Car, sauf à relancer les centrales à charbon et allumer davantage celles qui fonctionnent au gaz, l’échéance de 2025 n’était pas tenable «sans rogner nos objectifs sur les changements climatiques».

L’électronucléaire est le seul moyen de production de masse et pilotable n’émettant pas de gaz carbonique. Et Nicolas Hulot ne fait que constater que pour satisfaire la consommation d’électricité en France, il faudrait du charbon et du gaz pour remplacer le nucléaire.

 

Si le JDLE étudiait la situation allemande, il verrait que c’est comme cela que ça se passe chez notre voisin qui ne tiendra pas ses engagements en matière d’émissions et nous non plus d’ailleurs alors que c’est l’objectif majeur.

 

«Dans un an», a assuré le ministre de l’écologie à l’issue d’un conseil des ministres anticipé (soit le temps de boucler la révision de la PPE d’ici la fin 2018, pour les périodes 2018-2023 et 2024-2028), le gouvernement sera en mesure d’annoncer «combien de réacteurs seront fermés, à quelles échéances et sur quels critères».

Un petit tacle à l’équipe précédente puisque, «depuis le vote de la loi, aucune mesure n’a été prise pour réduire la part du nucléaire. C’est absolument ce que nous souhaitons ne pas reproduire.»

La LTECV est un tissu d’inepties. Nous ne comprenons pas qu’Emmanuel Macron se soit engagé à l’appliquer.

Aura-t-on assez d’électricité cet hiver? Oui, même si, avec l’arrêt définitif des moyens de production au fioul en 2017 et 2018, le système électrique est ajusté aux besoins électriques de la France.

Affirmation gratuite ! Nous ne passons les pics de consommation actuels, pas très élevés d’ailleurs, qu’avec un recours massif aux importations de l’ordre de 8 GW, c’est-à-dire à la limite de ce qui est possible.

Gare aux vagues de froid durables ou aux baisses de disponibilité du parc nucléaire, qui pourraient amener RTE à «utiliser graduellement les solutions exceptionnelles pour maintenir la sécurité d’alimentation électrique». 3 à 4 réacteurs nucléaires seront à l’arrêt cet hiver, un planning bien plus favorable que l’hiver précédent (12 en décembre 2016 et 5 en janvier 2017).

Il est évident que le parc de production ne permet plus de passer une pointe de 90 GW, bien loin des 102 GW atteints en février 2012.

FAIRE ACCEPTER LES ENR

D’ici là, trois principaux chantiers se dressent sur le chemin de la «révolution énergétique» que Nicolas Hulot estime d’ores et déjà avoir entamée.

Primo, la réduction des consommations d’énergie, qui montre pour la première fois «une légère inflexion», laquelle sera complétée par une politique «à grande échelle» sur l’efficacité énergétique.

 

Nous ne croyons pas à la réduction de la consommation d’électricité, bien au contraire, notamment avec le développement des véhicules électriques. En revanche, si ce développement a lieu comme prévu, nous réduirons à la fois la consommation d’énergies finales, toutes énergies confondues, la facture pétrolières qui est en train de remonter et nos émissions de gaz à effet de serre.

 

Le plan de rénovation thermique sera soumis à concertation à partir du 9 novembre, a précisé Nicolas Hulot, qui n’a pas évoqué la question délicate de la consommation d’énergie des véhicules électriques appelés à se multiplier.

 

Le plan de rénovation thermique de l’habitat et du tertiaire doit être le premier objectif du gouvernement pour réduire la consommation de fuel et de gaz et améliorer le confort. Cependant nous ne pouvons pas payer deux fois la facture, celle de la rénovation thermique et celle des électricités intermittentes. Il faut choisir.

 

Secundo, le développement des énergies renouvelables, «qui se heurtent à des résistances, une inertie et des aspects réglementaires lourds. (…) Si nous n’arrivons pas à créer de l’adhésion [notamment parmi la population], cela peut compromettre nos objectifs climatiques, a déploré le ministre. J’essaierai de faire preuve de pédagogie.»

 

Accepteriez-vous une éolienne de 180 m de hauteur à côté de votre habitation ?

 

Enfin, booster la recherche sur le stockage des énergies intermittentes: «Des ruptures technologiques sont en train de se profiler, il faut en accélérer l’efficacité.»

 

L’ESSOR DU VÉHICULE ÉLECTRIQUE

 

Quelques heures plus tôt, Réseau de transport d’électricité (RTE) s’était livré à un exercice de prospective sur l’évolution de la transition énergétique, avec 5 scénarios «volontairement contrastés» à horizon 2035, qui serviront de «base de réflexion» à la révision de la PPE, a indiqué Nicolas Hulot.

 

L’essor du véhicule électrique est avec la rénovation thermique du bâti, sont les objectifs les plus importants car ils représentent les principaux poste de consommation énergétique. Nous devons réussir impérativement cette opération si nous voulons respecter notre engagement de diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

 

Or c’est cet objectif qui compte et pas celui de réduire l’électronucléaire.

 

Des invariants, quels que soient les choix politiques retenus, se détachent: une croissance forte des énergies renouvelables; la fermeture de réacteurs nucléaires; une évolution de la consommation électrique (stable ou en baisse dans toutes les simulations); le développement massif du véhicule électrique; la croissance de l’autoconsommation électrique.

 

 

Ampère Ohm Volt Hertz Watt
Consommation

dont voitures électriques

480 TWh

 

15,5 millions

465 TWh

 

2,9 millions

442 TWh

 

8,3 millions

480 TWh

 

15,6 millions

410 TWh

 

5,5 millions

Renouvelables 149 GW

314 TWh

88GW

187 TWh

116 GW

244 TWh

116 GW

243 TWh

150 GW

244 TWh

Nucléaire 48,5 GW

274 TWh

41 GW

274 TWh

55 GW

346 TWh

39 GW

252 TWh

8 GW

274 TWh

CO2 émis par système électr. 12 Mt CO2

108 €/t

42 Mt CO2

22 €/t

9 Mt CO2

32 €/t

19 Mt CO2

32 €/t

32 Mt CO2

108 €/t

 

LES ÉMISSIONS DE CO2, CLÉ DE VOÛTE

 

C’est sur les émissions de gaz à effet de serre que les scénarios divergent: «L’atteinte de l’objectif des 50% de nucléaire dans la production d’électricité en 2025 conduit systématiquement à une augmentation des émissions de CO2 du système électrique français», car il faudrait utiliser plus de centrales à gaz et à charbon, souligne RTE dans son bilan prévisionnel. «Ces dernières (émissions) atteignent des niveaux compris entre 38 et 55 millions de tonnes de CO2 par an en fonction des variantes», précise le texte.

 

C’est une évidence que nous avons maintes fois répétée.

 

LE NUCLÉAIRE, ÉNERGIE D’APPOINT

 

Le scénario Ampère pourrait avoir les faveurs du gouvernement. Il combine fermeture des centrales au charbon sans nouveau moyen thermique supplémentaire, correspond à l’objectif des 50% de nucléaire atteint en 2030 et permet une réduction des émissions de CO2 par le système électrique de 22 à 12 Mt.

 

Il permettrait également de respecter les objectifs de lutte contre la pollution atmosphérique, avec la mise en circulation en 2035 de 15,6 millions de véhicules électriques. Le gouvernement a un an pour orchestrer une loi qui fera des énergies renouvelables «la norme de notre modèle énergétique», pendant que le nucléaire «jouera un rôle d’appoint», a résumé Nicolas Hulot.

 

Un rôle d’appoint des EnR intermittentes ! C’est le meilleur gag que nous n’avons jamais lu !

 

Voici les courbes de ce jour 08-11-2017 prises sur le site de RTE. A 8h 15, le nucléaire représente 40 GW, le PV quasiment 0, et l’éolien 1,872 GW pour une puissance installée supérieure à 12 GW.

 

Qui peut dire que le nucléaire est complémentaire des EnR intermittentes ?

 

Au passage, notons que les importations sont de 7,8 GW soit proches du maximum.

courbe elec capture

mix Capture

 

ampere Capture

Réponse à Corinne Lepage, pyromane du pompier électronucléaire.

REPONSE DE L’OMEC : en rouge nos commentaires ci dessous

Article : « Pourquoi le nucléaire est en train de ruiner la France. »

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/pourquoi-le-nucleaire-est-en-train-de-ruiner-la-france_a_23245628/

 

Ce titre diffusé par le Huffington Post montre l’« impartialité » habituelle des avocats d’affaire en service commandé. Loin de la réalité de l’industrie qui nous éclaire.

 

Mur d’investissement, falaise financière, les allégories ne manquent pas pour décrire l’impossible équation financière à laquelle la filière nucléaire française est confrontée.

Ce qui est certain, c’est que le constat est partagé par tous, ce qui n’était évidemment pas le cas lorsqu’en 2011 dans la vérité sur le nucléaire, j’avais évoqué la situation critique d’Aréva.

La filière nucléaire est plus qu’une danseuse pour le budget de l’État.

Est-il utile de rappeler qu’EDF a versé des dividendes à hauteur de 20 Mds d’€ entre 2005 et 2015 ?

Est-il utile de rappeler que l’Etat a reconnu être redevable à EDF de 5 Mds d’€ en 2012 pour les arriérés de paiement sur la Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE) c’est-à-dire pour les surcoûts des électricités renouvelables aléatoires.

Est-il utile de rappeler que le mode de calcul des surcoûts des EnR aléatoires est très défavorable à EDF ?

Est-il utile de rappeler que l’Etat, après avoir reconnu une dette de 5Mds d’€ en 2012, est tout de même venu encaisser 2 Mds d’€ de dividendes cette année-là, agissant comme un propriétaire qui est en dette vis-à-vis de son locataire mais vient encaisser quand même le loyer ?

Les dividendes ne sont plus versés à l’Etat en numéraires mais en actions gratuites. L’Etat a toujours reçu l’impôt sur les bénéfices et toutes les taxes qui pèsent sur EDF.

Ajoutons aussi qu’EDF et AREVA participent positivement à la balance du commerce extérieur par le solde positif de leur vente d’électricité et de services.

Alors les chiffres donnés ci-dessous sont à relativiser lorsque l’on fait la vérité des comptes.

Pour la seule année 2017, l’État a sorti 3 milliards pour EDF et 5,5 Mds pour Aréva, auxquels s’ajoutent l’abandon d’1,6 milliards de dividendes et probablement les 2,3 milliards de l’arbitrage perdu en Finlande, soit la bagatelle de près de 13 milliards d’euros! Jusqu’où faudra-t-il aller?

Mais, au fait, qui est l’actionnaire majoritaire d’EDF et surtout d’Aréva. Qui a laissé Aréva s’engager dans une aventure financière folle en Finlande ? Les représentants de l’Etat au Directoire et au Conseil de Surveillance d’Aréva ont-ils empêché les aventures de la Présidente du Directoire de cette société ?

EDF est soumise à l’obligation de vendre le quart de sa production nucléaire au prix coutant sorti usine par la loi NOME, loi portée par l’Etat lui-même ! Les acheteurs grossistes ne supportent ni les risques industriels, ni les risques financiers, ni les risques sociaux ! Pas mal !

La société Aréva traîne 7 milliards de dettes et voit son chiffre d’affaires en baisse constante. Elle aurait dû déposer le bilan.

Mais elle est recapitalisée par un apport de 4,5mds de l’État destiné simplement à permettre la continuation de l’activité sous deux entités l’une étant reprise par EDF pour la somme de 2,5 mds payés en définitive aussi par le contribuable.

Mais le gouffre ne s’arrête pas là. Aréva SA devient une forme de structure de défaisance accueillant outre la dette initiale, la dette finlandaise (un premier arbitrage perdu pour Aréva va coûter au Budget de l’État 2,3mds et ce n’est sans doute pas terminé) et les coûts induits par les malversations du Creusot.

Avez-vous comparé les prix de vente de l’électricité aux clients domestiques en France et en Allemagne ?

Et pourriez-vous dire ce qu’ils deviendraient en Allemagne si le coût de la tonne de CO2 était taxée à son vrai coût ?

L’électricité en France appauvrit-elle les Français par rapport aux autres pays Européens ? Les Français bénéficient d’une électricité parmi les moins chères en Europe.

Inutile de dire que le contribuable va devoir sortir encore de nombreux milliards pour combler ce déficit scandaleux qui rappelle fâcheusement dans un autre domaine, l’affaire du Crédit Lyonnais -qui a aussi coûté des milliards aux contribuables sans que personne ne soit responsable-

Rappeler que le Crédit Lyonnais, à l’époque de ses folies, était une banque nationalisée serait peut-être utile. Et que son Président, ancien inspecteur des finances, avait été nommé par l’Etat. Alors qui était responsable ?

… Le pire est qu’Aréva continue à perdre de l’argent parce qu’en réalité son activité, même réduite au minimum, ne cesse de se contracter et son classement par l’agence de notation S&P BBB- sur le long terme n’est pas brillant.

La situation est moins mauvaise pour EDF qui néanmoins a dû sortir du CAC 40, voir son action passer de 80 à 7 euros (puis remonter à 9) et sa notation S et P baisser à A-. Ses résultats financiers sont mauvais et, la baisse de l’endettement qui reste massif (au-delà de 30 milliards d’euros) est liée à des cessions d’actifs et en particulier les titres ERDF cédés à la caisse des dépôts, c’est-à-dire en réalité rachetés par l’État.

Il serait utile de rappeler qu’à la fin de la construction du parc électronucléaire, au début des années 1990, la dette d’EDF était supérieure à son chiffre d’affaires ! Il est vrai que la construction du parc électronucléaire français a été financée par l’emprunt fait par EDF (surtout en dollars à la demande de l’Etat) et remboursé par les consommateurs d’électricité dans le prix du kWh. Au passage, il faut savoir que les $ empruntés à 5 francs ont été remboursés en partie à 10 francs, l’Etat n’ayant pas accepté de prendre en charge les pertes de change.

Il ne s’agit pas des titres ERDF mais des titres RTE. Une erreur supplémentaire ! RTE présente un solde d’exploitation récurrent positif qui était versé à sa maison mère EDF. Désormais l’Etat prendra 50 % et EDF 50 %. Il y a donc, pour l’Etat, via la CDC, un retour garanti sur l’investissement.

Les résultats nets courant de 2016 accusent une baisse de 15% (4,1 Mds d’euros, contre 4,8 Mds d’euros en 2015) une baisse de production de 7,9% et les résultats semestriels de 2017 sont également en baisse de 2,7%.

Les investissements restent inférieurs à 10 milliards par an alors que la réalisation du plan d’investissement sur lequel EDF s’est engagé représente selon le rapport d’AlphaValue 165 milliards soit autour de 16 milliards par an.

En effet, le grand carénage évalué par EDF à 50 milliards et par la Cour des Comptes à 100 milliards n’intègre pas toutes les anomalies constatées depuis plusieurs mois, les défauts systémiques et les dépenses indispensables au titre de la mise aux normes post Fukushima.

Les comptes de la Cour des Comptes de 2014 intègrent à la fois les opérations de Grand Carénage et celles de maintenance courante. Le Grand Carénage seul représente, y compris les modifications post-Fukushima, 1 Mds d’€ par unité, chiffre qui n’a jamais été atteint aux USA, soit 58 Mds d’€ dont une partie est déjà payée. Il ne faut pas compter deux fois les dépenses.

Et encore, cette situation financière assez calamiteuse ne reflète que très partiellement la réalité du fait du sous-dimensionnement des provisions faites pour le traitement des déchets à long terme et pour le démantèlement. Selon le rapport d’AlphaValue, il manquerait 50 milliards de provisions. Cette sous-évaluation avait déjà été mise en lumière dans un rapport de l’Assemblée nationale de février 2017 puis dans un avis de l’ASN de juillet 2017 dans lequel le gendarme du nucléaire souligne l’absence d’éléments d’information fiables, la non prise en considération des retards et des manques de disponibilité dans le stockage des déchets et la non prise en compte des sites pollués.

Il n’y a aucun sous-dimensionnement des dépenses relatives aux déchets à long terme, le rapport d’AlphaValue n’a aucune crédibilité. Regardez donc la déclaration du Directeur Financier d’EDF devant la Commission Parlementaire sur les Coûts du Nucléaire, dite Commission Brottes-Baupin. Commission dont le rapport final n’a été rédigé que par le seul Député EELV Baupin et ne reflète en rien les déclarations faites par les différents intervenants.

Et si l’ASN autorise les unités pour 10 ou 20 ans d’exploitation supplémentaires comme aux USA, au vu de leur bon état, la constitution des provisions continuera alors que les frais de déconstruction et de fin de cycle des combustibles seront identiques.

Il faut également prendre en compte le financement de Hinckley Point, réacteur qui a déjà pris 18 mois de retard avant même d’avoir commencé qui devrait être financé par EDF à hauteur de 15 milliards auxquels s’ajoutent 1,8 milliard pour tout retard étant à la charge de l’exploitant. Dans la mesure où aucun établissement bancaire n’accepte de financer ce type de projet, c’est EDF c’est-à-dire le contribuable français qui devra financer un projet dont la réalisation n’est de loin pas certaine compte tenu d’une part du Brexit et de son incidence Euratom et d’autre part de la contestation de l’Angleterre liée à un prix déraisonnable de l’électricité nucléaire.

Hinkley Point fait l’objet d’un financement particulier et le contrat aux différences du prix de vente de son kWh est garanti par l’Etat Britannique.

Cette situation financière catastrophique n’empêche évidemment pas EDF d’investir plusieurs centaines de millions d’euros dans la publicité que son monopole ne justifie pas mais qui a le mérite d’éviter des articles trop critiques dans la presse…

 

EDF n’a jamais eu le monopole de la production en France depuis 1946. Seul le grand transport était en situation de monopole, comme aujourd’hui d’ailleurs, à l’instar de tous les autres pays. EDF n’a jamais eu non plus le monopole de la distribution d’électricité depuis 1946.

 

En revanche, l’auteur de l’article aurait dû signaler les moyens de production mis en service en France depuis la mise en concurrence de l’électricité en 2002. Il serait surpris de voir la rareté de ceux-ci et le peu d’emplois créés.

 

Il faut aller au bout des comparaisons.

Face à ce mur de dépenses, l’État a mis au pot cette année 3 milliards et accepté de renoncer au paiement des dividendes soit 1,6 Md. Pour 2017, ce sont 10 milliards qui ont été dépensés à fonds perdus pour la filière nucléaire sans compter évidemment les dépenses cataloguées au titre de la recherche qui financent le CEA. Certes, la filière nucléaire représente un nombre d’emplois non négligeables mais très éloignés des 220 000 constamment avancés par le lobby nucléaire.

 

Ce article a-t-il comptabilisé le mur de dépenses que représentent les contrats des électricités renouvelables aléatoires déjà signés qui s’élèvent à près de 100 milliards d’€ sur les 10 ans à venir ! Les dépenses du CEA faites pour EDF et Aréva font l’objet de contrats et sont payées.

 

Le rapport de la Cour des Comptes de 2012 commence par cette phrase : « les dépenses prises en compte dans le présent rapport totalisent le passé, le présent et le futur ». On ne peut être plus clair !

En réalité, EDF comptait 68.460 salariés à fin 2016, hors filiales) et devrait atteindre 64 000 en 2019 soit une baisse de 10% par rapport à 2015. Quant à Aréva, la société comptait 38 000 salariés à la fin de l’année 2016 soit 5000 de moins qu’en 2015. Au total, la filière représente moins de 100 000 personnes en emplois directs et malgré les sommes astronomiques mises par les contribuables près de 10 000 emplois ont été supprimés.

La filière nucléaire ne se réduit pas à EDF et Aréva. Il faut y ajouter tous les fournisseurs et prestataires. Tout comme la filière industrielle de construction de véhicules ne se réduit pas à la somme des emplois de Peugeot et Citroën ainsi que la filière aéronautique ne se réduit pas aux seuls emplois d’Airbus.

En revanche, il aurait été utile que l’auteur de l’article comptabilise les emplois supprimés par le constructeur électricien Allemand, Siemens, et les opérateurs, RWE et E.ON, sur les 2 dernières années. Il aurait été surpris.

En revanche, la progression des emplois dans le secteur du renouvelable est constante avec 162 000 emplois en 2016.

Il serait curieux de voir le décompte de ces fameux 162 000 emplois. Doit-on expliquer au public que la France ne fabrique quasiment pas de panneaux solaires et aucune éolienne ? Doit-on lui dire que les emplois liés à la construction de fermes éoliennes et des fermes photovoltaïques sont des emplois par essence éphémères, que la surveillance centralisée représente bien peu d’emplois et que les emplois de maintenance sont la plupart du temps réalisés par les constructeurs notamment allemands pour les éoliennes ?

Et la situation risque de ne pas s’arranger. En effet, la productivité de nos réacteurs ne cesse de se réduire et, le marché de gros européen fait une place de plus en plus réduite à l’électricité nucléaire en raison de la priorité donnée à l’électricité verte et de la croissance très importante de l’énergie renouvelable dans l’espace européen. Ajouter à cela une baisse de la consommation d’électricité nucléaire. Au total, le chiffre d’affaires d’EDF ne peut que décroître–ce qui est déjà le cas depuis deux ans-et par voie de conséquence rendre encore plus insoluble l’équation financière à laquelle cette société est confrontée. L’impasse financière est totale.

Effectivement la situation ne va pas s’arranger avec une filière d’énergies électriques renouvelables aléatoires qui coûtent très cher aux Français, y compris ceux qui sont en état de précarité énergétique, pour une production dérisoire et aléatoire de 30 milliards de kWh par an, pas forcément quand les Français en ont besoin, alors que le parc nucléaire produit plus de 400 milliards de kWh par an, à faible coût, et quand les Français en ont besoin.

Voilà ce qui s’appelle un dossier très orienté et à charge qui n’honore pas celui ou celle qui devrait, par définition, relater objectivement les faits et être impartial.

Le Huffington Post mérite quand même mieux que cela !

 

 

 

 

 

 

 

Cuve EPR : Réponse à Émilie Massemin (Reporterre) et ses thèses partisanes

Les remarques de l’OMEC figurent en rouge ci dessous :

 

Article cité :

« L’Autorité de sûreté nucléaire peut-elle valider la cuve de l’EPR ? La justice doit trancher. »

Curieuse affirmation…

11 octobre 2017 / Émilie Massemin (Reporterre)  – https://reporterre.net/L-Autorite-de-surete-nucleaire-peut-elle-valider-la-cuve-de-l-EPR-La-justice

Mardi 10 octobre, l’Observatoire du nucléaire a traîné l’Autorité de sûreté nucléaire, Areva et EDF devant le tribunal de grande instance de Paris. Objectif, empêcher le gendarme du nucléaire de valider la cuve défectueuse de l’EPR de Flamanville. Il a dû faire face à une défense tenace.

 

Ce que l’on appelle avec grandiloquence l’Observatoire du Nucléaire est, en fait, M Stéphane Lhomme, antinucléaire notoire, ancien porte-parole du Réseau sortir du Nucléaire, dont il a été exclu.

 

L’OMEC rappelle que l’ASN est totalement indépendante depuis la loi sur la transparence du nucléaire. Elle a pris sa décision après un programme d’études et d’essais réalisés pendant 2 ans par AREVA, programme approuvé par l’IRSN après examen des propositions du constructeur.

 

Les résultats présentés par AREVA ont été validés par tous les spécialistes de métallurgie français et étrangers consultés par l’ASN et le Groupe Permanent sur les appareils sous pression dans le domaine de la sûreté nucléaire à l’exception de 2 voix, celle d’Yves Marignac, représentant WISE, organisme antinucléaire bien connu, et le représentant de l’ACRO (Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest) dont les compétences en métallurgie sont sujettes à interrogation.

 

La justice ne pourrait remettre en question la décision de l’Autorité de Sûreté Nucléaire que si cette dernière n’avait pas suivi la procédure la plus prudente possible après la découverte de l’anomalie et n’avait pas consulté tous les experts métallurgistes français et étrangers après remise des travaux faits par AREVA conformément au programme approuvé par l’IRSN. Par ailleurs, les parlementaires avaient été associés à ce problème via les auditions publiques de l’Office Parlementaire de l’Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques.

 

Reporterre a suivi l’audience.

  • Paris, Palais de justice, reportage

« S’il est possible d’interdire à l’avance une décision de l’ASN et donc de l’Etat, je crains l’effondrement de notre démocratie ! » : les avocats de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), d’Areva et d’Electricité de France (EDF) se sont défendus avec virulence face à l’Observatoire du nucléaire (ODN), mardi 10 octobre au tribunal de grande instance de Paris.

Par cette procédure en référé inédite, l’association voulait empêcher en urgence l’ASN de valider définitivement, courant octobre, la cuve défectueuse de l’EPR de Flamanville (Manche). Elle réclamait le réexamen par un tiers des calottes du couvercle et du fond de cuve, où des concentrations de carbone anormalement élevées ont été découvertes fin 2014 – une anomalie qui amoindrit la ténacité de l’acier. Le 28 juin 2017, l’ASN avait rendu un premier avis provisoire favorable à la mise en service de l’EPR malgré sa cuve non réglementaire, à condition que le fond de cuve soit inspecté tous les dix ans et que le couvercle soit remplacé avant fin 2024.

La justice ne peut, dans un cas pareil, que faire appel à des experts métallurgistes. Or ils s’étaient déjà tous prononcés favorablement suite à la saisine de l’ASN.

« Nous savons tous qu’a été posée sur le site de Flamanville une cuve qui va produire de l’énergie dans des conditions que nous redoutons, car cette cuve n’est pas aux normes, a attaqué Me Emmanuel Riglaire, l’avocat de l’Observatoire du nucléaire. Et ces normes ne sont pas édictées par l’Observatoire du nucléaire mais par l’ASN. » Il a ensuite évoqué des « défauts de fabrication couverts, cachés, dans le cadre d’un double système de cotation des matériaux », en faisant référence aux dossiers irréguliers voire falsifiés découverts dans les archives de l’usine du Creusot où ont été forgées les calottes de cuve. « Personne n’est en mesure de dire si la cuve est apte à l’usage auquel elle est destinée, a-t-il martelé. Aujourd’hui, le sujet fait tellement débat que l’ASN a ouvert cet été une consultation au public, ce qu’elle ne fait jamais à ce stade de la procédure. »

Ceci est faux. L’ASN est tenue par le code de l’Environnement de lancer une consultation publique lors de grandes décisions. L’ASN a donc scrupuleusement suivi la Réglementation déjà utilisée dans d’autres cas.

L’ASN accusée d’erreurs d’appréciation

Pour l’avocat de l’ODN, le fait que l’ASN ait rendu un premier avis favorable à la cuve jette le doute sur sa crédibilité : « Nous avons longtemps pensé que l’ASN pouvait être le seul gardien de la sûreté. Mais elle a fait des erreurs d’appréciation : elle a validé l’installation de la cuve dans le bâtiment réacteur ; elle a validé la cuve sur la base d’analyses techniques réalisées par Areva dont on sait aujourd’hui qu’elles sont fausses. »

Quel méli-mélo ! C’est EDF et AREVA qui ont pris la responsabilité de mettre la cuve à sa place en prenant le risque d’être finalement obligée de la retirer si la décision de l’ASN avait été contraire pour le fond de cuve et le couvercle à l’exclusion des viroles qui sont toutes conformes. L’ASN a depuis le début prévenu que le constructeur et l’exploitant futur prenaient un risque au cas où son avis serait défavorable.

Avant d’insister sur les conséquences potentiellement dramatiques d’une erreur d’appréciation en matière de nucléaire : « Au début, nous espérions même que l’ASN soutiendrait notre démarche, car je ne sais pas comment les salariés de l’ASN pourraient se regarder dans la glace si un accident nucléaire survenait. Si le fond de cuve lâchait, le scénario qui s’ensuivrait n’a même pas été envisagé tellement il serait gravissime. Ce serait l’hypothèse Fukushima. » L’ASN étant « trop partie prenante dans ce dossier » selon Me Riglaire, « il serait bien qu’un œil extérieur regarde cette cuve ».

Faux. Précisément dans les réacteurs de 3ème génération comme l’EPR, la fusion du cœur est prise en compte dès la conception avec un système de récupération du corium. L’accident de Fukushima est survenu sur des installations de 2ème génération où ce type d’évènement n’est pas prévu.

La requête n’a pas été du goût de Me Xavier Flécheux, l’avocat de l’ASN. « L’ODN a dans son dossier deux séries de documents : ceux qui sont à sa propre gloire et ceux qui montrent que l’ASN fait son travail dans les conditions de la loi. Ce week-end, un article a été publié dans Le Monde qui dit à quel point l’ASN est sévère ! »

Oubliant de préciser que le journaliste à l’origine de ce billet du blog Sciences² du Monde démontrait la pertinence de stopper les réacteurs de la centrale du Tricastin le temps du renforcement de la digue; et le journaliste de souligner qu’« avoir une Autorité de sûreté nucléaire très sévère, c’est mieux que d’avoir une autorité trop laxiste, comme l’a montré l’exemple tragique du Japon », et suggérait par-là que non, l’ASN n’est pas « trop » sévère.

Sans réel argument, (Appréciation du journaliste de Reporterre !) Me Flécheux s’est contenté d’affirmer que les craintes de l’ODN étaient « imaginaires ». « Il ne s’agit pas d’une crainte imminente mais cauchemardesque, concernant une décision administrative qui n’a pas encore été prise. Et on vous demande de la censurer par avance ! », a-t-il tonné.

L’historique de la fabrication de la cuve et de la réglementation mis à plat

Après la découverte d’anomalies de concentration de carbone fin 2014 dans les calottes de cuve de l’EPR de Flamanville, Areva avait proposé à l’ASN une série de tests et d’essais complémentaires pour justifier son l’aptitude au service, même non réglementaire. Une démarche tout à fait réglementaire, a assuré Me Gaudin, l’avocat d’Areva : « Une pièce qui ne remplit pas certaines prescriptions mécaniques peut quand même être validée à condition de réussir un programme de tests supplémentaires. C’est prévu à l’article R557-1-3 du Code de l’environnement [modifié en 2016] et à l’article 9 de l’arrêté de 2015. » Deux articles modifiés et adoptés après la découverte de l’anomalie de concentration de carbone dans les calottes de cuve de l’EPR de Flamanville. (Appréciation du journaliste de Reporterre !)

A l’ODN qui réclamait un nouvel examen de la cuve par un tiers, l’avocat d’Areva a répliqué que de nombreux experts s’étaient déjà prononcés sur les pièces défectueuses : « Entre autres, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire [IRSN] et le GPESPN, où siègent des experts indépendants comme des représentants d’associations et le Bel V, l’expert nucléaire belge. L’ASN a aussi mandaté des experts tiers comme le bureau Veritas qui a surveillé l’ensemble du programme expérimental sur les calottes de cuve. » Conclusion de ces expertises : « La résilience de l’acier est suffisante pour que la rupture de la cuve soit exclue, comme on peut le lire page 195 du rapport de l’IRSN », a assuré Me Gaudin. « Les conclusions de cette analyse montrent que les propriétés mécaniques du matériau en zone ségrégée sont suffisantes pour prévenir le risque de rupture brutale », peut-on exactement lire page 134 du rapport.

Me Gaudin a également nié tout lien entre la ségrégation de carbone découverte dans les calottes de cuve de l’EPR de Flamanville et les dossiers falsifiés de l’usine du Creusot : « Une procédure est effectivement en cours suite à la découverte de ces dossiers. Mais la ségrégation de carbone est un sujet différent, lié aux techniques industrielles employées, qui n’est pas propre au Creusot et concerne aussi le forgeron japonais JCFC », a-t-il insisté, évoquant « un amalgame fait à tort mais à dessein ».

Le référé, un recours en urgence en cas de dommage imminent

Après cette longue plaidoirie, les discussions se sont concentrées sur la question de l’imminence du dommage, qui justifie le recours à une procédure en référé. « On ne sait pas si le dommage imminent évoqué par l’Observatoire est la validation de la cuve ou l’accident nucléaire. Mais dans les deux cas, il n’y a pas d’imminence, car l’autorisation et la mise en service de l’EPR n’interviendront pas avant fin 2018 », a ironisé l’avocat d’Areva. « Après le feu vert accordé à la cuve par l’ASN, plus personne ne pourra arrêter le processus, a démenti Me Riglaire, l’avocat de l’Observatoire du nucléaire. On ne pourra plus aller voir si la cuve fonctionne bien. L’imminence est là. »

Autre incertitude liée à la procédure en référé : « Dans ce cadre, j’ai le pouvoir d’ordonner une mesure conservatoire ou une remise en état. Mais une nouvelle expertise n’est pas considérée comme une mesure conservatoire », a souligné la juge. Avant d’annoncer le délibéré pour le 31 octobre.

A la sortie de l’audience, Stéphane Lhomme, fondateur de l’Observatoire du nucléaire, était plus convaincu que jamais du bien-fondé de sa démarche : « Les trois parties étaient là pour expliquer qu’il ne fallait pas mettre de bâton dans les roues du processus de validation de la cuve, a-t-il jugé. J’ai trouvé les avocats de l’ASN et d’EDF peu convaincants mais celui d’Areva connaissait son dossier sur le bout des doigts. Il a bien repris tout l’historique du dossier et, faisant cela, il a finalement été très convaincant sur le fait qu’il y avait un problème avec cette cuve. »

Sans rire ! Que le requérant soit convaincu du fait que sa requête était fondée est une découverte de Reporterre. On n’a jamais vu de requérant dire en sortant du tribunal que, compte tenu des arguments de la défense, sa requête n’était finalement pas fondée !

Réponse à Reporterre : « La Finlande n’a aucun problème pour stocker son combustible nucléaire usé »

Les commentaires de l’OMEC figurent en rouge ci dessous.

En Finlande, le projet de poubelle nucléaire est accepté par la population

25 septembre 2017 / Marion Paquet (Reporterre)

https://reporterre.net/En-Finlande-le-projet-de-poubelle-nucleaire-est-accepte-par-la-population

Depuis les années 1990, la Finlande projette la construction d’un site d’enfouissement des déchets nucléaires.

 

Les travaux ont commencé malgré de grandes incertitudes sur la sécurité géologique du site.Dans un pays fier de son industrie nucléaire, l’opposition est quasi inexistante, comme l’a constaté Reporterre sur place.

Depuis la ville d’Eurajoki, sur la côté ouest de la Finlande, les centrales nucléaires sont invisibles.

À l’horizon, des forêts clairsemées de lacs. Un paysage typique de la moitié sud du pays. Pour apercevoir les centrales implantées sur le territoire de cette commune de 9.300 habitants, il faut se rendre sur l’île d’Olkiluoto, située dans le golfe de Botnie et investie par l’industrie nucléaire.

Étonnamment, le lieu ne ressemble en rien à un site industriel. Il faut s’enfoncer dans la forêt de pins et de bouleaux pour arriver aux trois réacteurs. Deux sont en service et un EPR est en construction par Areva – avec beaucoup de retard.

Devant l’un des réacteurs, au bord de l’eau, des barques de pêcheurs sont amarrées. Aux arbres sont fixés des nichoirs pour les oiseaux et un circuit touristique vous informe sur la faune et la flore de l’île.

C’est dans cet endroit aux allures de parc protégé que seront enfouis les déchets nucléaires du pays : ce seront les fûts de combustibles usés, non retraités (à la différence de ce qui se fait en France, et qui complique beaucoup la gestion des déchets). Dans plusieurs tunnels seront enterrés des conteneurs de cuivre et contenant environ 5.500 tonnes de déchets au total. Une sépulture destinée à être scellée pour au moins 100.000 ans.

Cette affirmation selon laquelle le retraitement complique la gestion des déchets est une affirmation absolument fausse. Le retraitement permet :

  1. De récupérer les combustibles encore utilisables comme l’uranium de retraitement qui contient encore 1 % d’uranium 235 contre les 0,7 % d’uranium 235 contenu dans l’uranium naturel et le plutonium qui est à la fois un excellent combustible et qui représente à lui seul la moitié des transuraniens à haute activité et vie longue,
  2. De trier les déchets en fonction de leur radioactivité et de la durée de leur demi-vie afin de les orienter vers les solutions de stockage définitif adaptées,
  3. De récupérer les déchets de haute activité à vie longue qui seuls ne représentent que 2 % de l’ensemble des déchets radioactifs et qui seront stockés dans le site de Bure à 500 mètres sous terre. 

Quand Jean-Pierre Chevènement était Ministre de l’Industrie, il avait répondu aux antinucléaires qui parlaient de La Hague en la désignant comme une poubelle nucléaire que l’Usine de La Hague n’était pas une poubelle mais une laverie.

En Finlande, sans retraitement, ils sont obligés de stocker les assemblages combustibles comme si tout leur contenu était des déchets à haute activité et vie longue, ce qui est une gabegie !

Le site d’enfouissement se situe en pleine forêt finlandaise.

« Nous avons commencé à creuser Onkalo en 2004 », raconte Ismo Aaltonen, le géologue en chef du site recruté spécialement pour ce projet. Reporterre l’a rencontré au centre d’information pour les visiteurs d’Olkiluoto.

Une exposition permanente y explique le fonctionnement de l’énergie nucléaire, de la mine à l’enfouissement.

Il y a aussi en France une exposition permanente sur les déchets et leur traitement au Visiatome sur le site de Marcoule.

Il y a également des explications données dans chaque centre d’information et de communication des Centres Nucléaires de Production d’Electricité et à la Hague.

Enfin, l’ANDRA donne à la fois des explications et beaucoup de photos des installations de stockage existantes et de Bure. Les photos de l’Andra montrent des installations à Bure infiniment plus élaborées que celle d’Onkalo.

« D’abord, c’était une sorte de spirale, dédiée à la recherche, raconte le scientifique. En 2010, nous sommes allés jusqu’à 450 m de profondeur environ. Cinq ans après, nous avons obtenu l’autorisation de construire les tunnels destinés à accueillir les déchets de haute activité. » Les travaux ont ainsi démarré début 2017. « Les déchets doivent d’abord refroidir pendant 40 ans avant d’être enfouis », précise le géologue. Une fois les tunnels remplis, ils seront scellés par des blocs de béton et d’argile maintenus en place sous la pression d’une grande quantité d’eau qui sera introduite dans le dispositif de stockage final. Mais, avant cette dernière étape, il faudra obtenir l’autorisation de la mise en fonctionnement du gouvernement et de l’autorité de sûreté du nucléaire finlandaise.

C’est ce qui sera fait à Bure avec néanmoins la possibilité de récupérabilité des colis pour un éventuel reconditionnement dans le fond et une possibilité de réversibilité pour éventuellement transmuter les déchets HAVL en déchets de demi-vie plus courte si les possibilités existent dans l’avenir.

« Le site a plus été choisi en vertu de l’acceptation sociale que de paramètres scientifiques » 

C’est l’exact contraire de Bure où le site est choisi surtout pour ses qualités géologiques.

Une autorisation qui ne fait pas l’ombre d’un doute pour Posiva, la société chargée de la gestion des déchets pour les deux industriels du nucléaire finlandais, TVO et Fortum. « Les déchets devraient être en lieu sûr pour au moins 100.000 ans, assure Ismo Aaltonen, le géologue en chef. Dans le choix du lieu de stockage, nous avons étudié les risques de tremblements de terre et les impacts de la future ère glaciaire. Nous avons démontré que le permafrost n’atteindra pas la profondeur d’Onkalo. En revanche, la glaciation va introduire plus de mouvements dans le sous-sol, la pression de la glace va pousser le sol vers le bas, avant qu’il ne remonte. Il fallait donc trouver une zone stable, une plaque qui n’allait pas se fissurer en cas de tremblement de terre ou de mouvements du sol et l’île d’Olkiluoto est idéale pour cela. »

Dans chaque tunnel, des galeries vont accueillir des conteneurs de déchets nucléaires.

Cette île déjà entre les mains de l’industrie nucléaire s’avérerait idéale pour le stockage des déchets de cette même industrie ? Cet étonnant hasard permet de douter des arguments avancés par Posiva. « Onkalo est voué à une fin tragique, estime Matti Saarnisto, un géologue aujourd’hui à la retraite et dont l’avis a été demandé par l’autorité de sûreté du nucléaire finlandaise. Il n’y a aucun endroit en Finlande qui puisse accueillir un tel centre de stockage de déchets avec la certitude que sa sécurité sera assurée durant la période glaciaire. »

D’après Matti Saarnisto, le risque sismique peut être accentué par la construction du site et le permafrost pourrait descendre bien plus bas que ne le suppose Posiva : la pression de la glace sur la roche pourrait endommager les conteneurs de déchets nucléaires, risquant de les faire remonter à la surface et de libérer des tonnes de déchets radioactifs dans la mer. Un scénario catastrophe dont n’a pas tenu compte l’autorité de sûreté du nucléaire, ni toute autre autorité finlandaise d’ailleurs. Aujourd’hui désespéré de tenter de convaincre les Finlandais de sa thèse, Matti Saarnisto s’est retiré du débat, épuisé et même déprimé de ne pas être pris au sérieux. « Les Finlandais font trop confiance à l’industrie du nucléaire, regrette-t-il, et le site d’Olkiluoto a été plus choisi en vertu de l’acceptation sociale que de paramètres scientifiques. »

« C’est un projet un peu effrayant, mais j’ai besoin de travail » 

Un séjour dans la ville d’Eurajoki suffit pour le comprendre. Ici, la plupart des habitants travaillent pour l’industrie nucléaire, et ce depuis plusieurs générations. Jami en fait partie. Un trentenaire, né dans la commune, travailleur de la métallurgie et qui construit actuellement les conteneurs destinés à accueillir les déchets radioactifs : « C’est un projet un peu effrayant, mais j’ai besoin de travail », confie-t-il.

La main-d’œuvre, pourvue par TVO et Posiva, étouffe les mouvements de contestation.

« Personne, à Eurajoki, ne s’est ouvertement opposé au projet », assure le maire de la commune, Vesa Lakoniemi. Il prétend ne pas connaître le pourcentage d’habitants qui travaille à Olkiluoto, en affirmant toutefois que c’est un des plus gros employeurs de la ville.

« Cette industrie est très importante pour la commune car elle apporte du travail, mais aussi une rentrée d’argent importante grâce aux taxes foncières : 18 millions d’euros par an. »Plus qu’appréciable pour une commune de moins de 10.000 habitants. « Le nucléaire fait partie de l’histoire de la ville, les habitants y sont habitués depuis les années 1970, précise le maire, et Eurajoki est connu dans le monde entier grâce à Onkalo. C’est important pour notre image.

De plus, nous avons de très bonnes relations avec TVO. Ils informent très bien la population, distribuent des journaux d’information, des tracts… Ils ont réalisé le centre pour les visiteurs et organisent des réunions publiques où les gens peuvent librement poser leurs questions et obtenir des réponses. »

Les travaux pour construire les tunnels d’enfouissement ont démarré en début d’année 2017.

Vesa Lakoniemi estime que la population locale a à sa disposition une information fiable et objective sur l’énergie nucléaire… fournie par l’industrie du nucléaire elle-même. Et lorsque l’on met en doute l’honnêteté de cette information, l’élu n’y croit pas.

Rares sont les médias locaux qui tentent de délivrer une information critique sur Onkalo.

Quand on voit les « compétences scientifiques » des journalistes français qui, pourtant se répandent largement sur ces questions, il serait préférable qu’ils donnent une information critique autre que la reprise des slogans de Greenpeace, du WWF, de Sortir du Nucléaire et de l’Observatoire du Nucléaire.

On aurait pu penser qu’avec le temps, ils auraient pu devenir un peu plus compétents. Mais c’est le contraire qui s’est passé. Pas besoin d’être compétent pour affirmer n’importe quoi !

Personnellement, je connais peu de journalistes scientifiques compétents en France. Un se détache particulièrement.

Dans tous les cas, ce que l’on pourrait qualifier de propagande de la part de l’industrie nucléaire fait son effet. Les critiques de la part de certains scientifiques et ONG n’ont eu aucun effet. « Le plus important est que les habitants comprennent ce qui va être construit, affirme Vesa Lakoniemi.

Même l’Autorité de sûreté du nucléaire s’est déplacée pour répondre aux questions des habitants. Si vous êtes ouvert, c’est facile d’obtenir la confiance de la population. Si vous êtes fermé, vous n’obtiendrez pas la confiance des gens. Ce qui fait que nous n’avons pas peur de ce projet. » Les propos du maire résument bien la stratégie adoptée par Posiva auprès de la population locale : informer, rassurer, avoir le monopole de l’information.

En France, nous avons les lois Bataille, du nom du député qui les a portées devant le Parlement. Nous avons l’Office Parlementaire de l’Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques (ou OPECST), le Comité National d’Evaluation de l’avancement des lois Bataille, l’ASN, l’IRSN et le Groupe Permanents d’Experts sur les déchets et j’en oublie. Tous ces groupes délivrent de l’information accessible sur leur site internet. Hélas sur le site de Bure, la violence des Zadistes antinucléaires ne permet pas de tenir des réunions d’informations sereines. Ils ont trop peur que la banalité de ce type d’opérations détruise leur discours apocalyptique.

« Il est clair que l’accueil favorable de la commune à ce projet a clairement été décisif lors du choix du site d’Onkalo, reconnaît Ismo Aaltonen, le géologue en chef en charge de ce projet. Lors de la recherche d’un site propice, cinq lieux ont été retenus en Finlande, dont Olkiluoto. Nous avons retenu le lieu où la population était la plus favorable et évidemment, il est bien plus aisé de construire un tel projet là où il y a déjà des centrales nucléaires. »

« Je ne pense pas que nous puissions dire que nous sommes radicalement opposés à Onkalo » 

Le parti des Verts de Finlande a donné, au début de l’année 2017, sa bénédiction au projet, considérant que l’enfouissement est la meilleure solution connue actuellement pour gérer les déchets et que le nucléaire est une ressource énergétique préférable au pétrole pour la transition énergétique.

Si, si, on peut trouver des Verts intelligents ! Peut-être qu’en France, rien n’est perdu, à part du temps et de l’argent !

De même, Greenpeace Finlande n’a pas mené de campagne d’opposition à Onkalo. « Je ne pense pas que nous puissions dire que nous sommes radicalement opposés à Onkalo, précise Jehki Harkonen, en charge des questions nucléaires pour l’ONG. Nous ne disons pas que ça ne fonctionnera pas, nous avons plutôt l’impression que le projet est motivé par des raisons politiques. »

Même Greenpeace ne s’oppose pas radicalement !

D’après Jehki Harkonen, le gouvernement finlandais et l’industrie nucléaire veulent convaincre qu’ils ont trouvé une solution pour traiter les déchets nucléaires (il ne s’agit pas de les traiter mais de les stocker) alors que les conditions techniques ne sont pas encore réunies : « Posiva s’est inspiré des recherches suédoises pour concevoir Onkalo, précise le militant. Or, aucun permis n’a encore été accordé en Suède pour la construction d’un projet similaire. Pourquoi nous, Finlandais, serions-nous plus au point que ceux qui sont à l’origine de la technique ? » Jehki Harkonen souligne une autre conséquence de ce projet : « Le fait d’affirmer avoir trouvé LA solution pour traiter les déchets nucléaires induit que le gouvernement et Posiva ne vont pas chercher d’autres options pour ne pas créer la confusion auprès de l’opinion publique. »

L’entrée d’Onkalo, le centre d’enfouissement de déchets nucléaires.

 

Depuis les années 1980, le gouvernement finlandais tient le même discours concernant le traitement des déchets nucléaires. Il a pris le parti de l’enfouissement et n’en démord pas, ce qui contribue à donner de la crédibilité à cette option. « Il faut admettre que, pour l’instant, c’est la meilleure option envisageable, dit le militant de Greenpeace. C’est mieux que de stocker les déchets à l’extérieur. Par contre, l’idéal serait de pouvoir sortir les déchets du centre de stockage en sous-sol si un jour on trouve comment les traiter différemment ou les recycler. » 

Voilà enfin une position intelligente !

Dans les années 1990, l’ONG a mené une grande campagne pour que la Finlande n’exporte plus ses déchets en Russie. « En Sibérie, des déchets mal stockés ont contaminé des rivières. Les populations, qui consomment l’eau, en subissent les conséquences, elles ont de gros problèmes de santé… C’est le pire endroit que j’ai vu de ma vie », se souvient Jehki Harkonen, avec émotion. De cette campagne a découlé un amendement, en 1994, de la loi sur l’énergie nucléaire. Depuis, l’exportation des déchets est interdite.

Donc, Onkalo, pour Greenpeace, c’est déjà une petite victoire dans la lutte pour le traitement des déchets. Une option, que l’ONG suit désormais de loin. « Ce n’est pas parce qu’ils ont eu le permis de construire qu’ils auront l’autorisation d’exploiter, nuance Jehki Harkonen. Posiva a encore besoin de prouver beaucoup d’aspects en matière de sécurité avant que les premiers déchets ne soient stockés à Onkalo. »

Fin

Jean Fluchère.

A Gilles Dixsaut: Le Diesel, bouc émissaire idéal des politiciens ?

Courrier des lecteurs :

http://www.la-croix.com/Journal/Courrier-2017-09-22-1100878749?utm_term=811935&from_univers=

La Croix vendredi 22 septembre 2017

Débats

Diesel

Je suis choqué quand Gilles Dixsaut écrit dans La Croix du 13 septembre (la question du jour) : « La pollution atmosphérique à laquelle participe le diesel est responsable de 48 000 décès prématurés par an » ! Si on regarde de près les chiffres du Citepa concernant les particules fines dites PM 2.5 qui servent précisément de traceurs à l’étude de M. Dixsaut, on constate que celles issues des véhicules diesel ont, d’une part, été divisées par deux entre 1990 et 2015, et que d’autre part elles sont cinq fois plus faibles que celles émises en 2015 par le chauffage résidentiel. Donc quand on écrit que « la pollution atmosphérique à laquelle participe le diesel est responsable de 48 000 décès prématurés par an », il faudrait pour être honnête préciser que ledit diesel n’y participe que pour une part très limitée, et au moins cinq fois plus faible que le chauffage, sans même parler des particules émises par l’industrie et l’agriculture ! D’ailleurs on trouve dans l’étude une carte qui montre que ces 48 000 personnes sont surtout dans le tiers nord de la France : pourtant il n’y a pas plus de voitures à essence dans le Sud ! Le Nord est juste plus industriel et plus proche de l’Allemagne charbonnière. Ce procès fait au diesel par rapport à l’essence est ridicule, surtout quand on oublie de rappeler que la performance énergétique et climatique du diesel est meilleure et que les émissions de CO 2 de voitures à essence seraient bien pires ! En revanche, oui, il faut décarboner nos activités, oui, il faut remplacer par des voitures électriques nos véhicules diesel et essence, du moins tant que notre électricité sera verte et décarbonée grâce à notre nucléaire et notre hydraulique (ce qui ne s’applique pas à l’Allemagne et à son électricité basée sur renouvelables intermittents et charbon).

Jean-Luc Salanave

NDLR OMEC : Si tant est que ce soit 48 000 vies réduites de 4 à 12 mois en moyenne selon les études.
Car la loi de linéarité sans seuil qui est appliquée dans le doute est très contestée et la morbidité doit être en réalité beaucoup plus basse car les faibles doses n’ont, en réalité, pas un effet proportionnel concernant la pollution. Inversement la précarité qui sera en augmentation si on renchérit trop le diesel récent entrainera des impacts sociaux très délétère.
Voir l’avis d’un scientifique :
https://t.co/QO0MFijlbG?amp=1

Réponse à Dominique Pialot de la Tribune : qualitatif et quantitatif ENR

Nos commentaires figurent en rouge ci dessous :

2017-ENERGIE : LE RAPPORT ANNUEL DE L’AIE ILLUSTRE UN POINT DE BASCULE

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/energie-le-rapport-annuel-de-l-aie-illustre-un-point-de-bascule-743614.html
Par Dominique Pialot  |  11/07/2017, 18:13  |

 

« Les énergies renouvelables ont attiré 297 milliards de d’investissements en 2016. »

 

Il s’agit sûrement des investissements dans la production d’électricité renouvelable. La confusion entre énergies renouvelables et électricité renouvelables est hélas courante. Or en énergie finale, l’électricité ne dépasse jamais 25 %du total des énergies.

 

Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie sur les investissements consentis en 2016, publié ce 11 juillet, montre une inflexion de tendances historiques : les investissements dans l’électricité pour la première fois devant le pétrole, le charbon et le gaz ; des capacités renouvelables installées et une production en forte croissance malgré des investissements qui stagnent ; une hausse des investissements dans les réseaux, le stockage et l’efficacité énergétique…

 

La hausse dans les réseaux est consécutive à la multiplicité des raccordements des petites productions d’électricité renouvelable. Quant au stockage, il serait intéressant de voir ce dont il s’agit !

C’est une première. En 2016, les investissements mondiaux dans l’électricité ont dépassé ceux effectués dans le charbon, le pétrole et le gaz. C’est l’un des principaux enseignements du rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

C’est une tendance récurrente. Chaque fois que le cours des combustibles carbonés baisse, le premier poste sacrifié par les majors est celui de la recherche-exploration. Ils savent où se trouvent les réserves mais ils les exploiteront au moment où les cours remonteront. Le stop and go des majors est bien connu.

Si les premiers restent stables à 718 milliards de dollars, les seconds en revanche connaissent des baisses importantes.

Les investissements dans le pétrole et le gaz ont chuté de 25% entre 2015 et 2016, mais de 38% depuis 2014. Et si l’on s’attend à un léger rebond en 2017, la situation devrait demeurer contrastée entre le boom du pétrole de schiste américain et la morosité du reste du monde.

Quant au charbon, qui a perdu 20 GW de nouvelle capacité installée entre 2015 et 2016, et où les investissements ont chuté d’un quart en Chine, premier marché mondial, la situation est plus noire encore. Sauf en Inde, où les investissements demeurent soutenus.

Stagnation des énergies décarbonées malgré le boom des renouvelables

Si les énergies renouvelables (43% des investissements) ont mobilisé, en 2016, 297 milliards de dollars, soit 3% de moins qu’en 2015 ou qu’il y a 5 ans, les nouvelles capacités installées sont 50% plus importantes, pour une production qui devrait être de 35% plus élevée.

On constate une baisse importante des prix des panneaux photovoltaïques. En revanche, en raison de la sur-immobilisation de cuivre, le MW installé en éolien reste quasiment constant. Cependant, il est curieux que pour une augmentation de capacité de 50 %, on trouve une production annuelle 35 % plus forte. Il y a sûrement une erreur sur ce chiffre. Les éoliennes ont un facteur de charge de 23 % et le photovoltaïque de 12 %. La production sera donc très inférieure aux 35 % annoncés.

Autre signe des temps : 40% des investissements ont été réalisés sur des marchés fonctionnant essentiellement par enchères et accords de gré à gré entre producteurs et clients industriels.

Pour autant, la production des renouvelables suffit à peine à compenser le ralentissement des décisions d’investissement observées dans le nucléaire et l’hydroélectricité. Si 10 GW de nouveau nucléaire (un record depuis 15 ans) sont entrés en service en 2016, seulement 3 GW ont commencé à être construits.

Attention, sur ce point, le raisonnement est fait en énergie électrique annuelle, mais en puissance instantanée les renouvelables intermittentes n’apportent aucune garantie.

Si les renouvelables n’accélèrent pas encore un peu plus leur déploiement, cela pourrait nuire à la stabilisation des émissions de CO2, observée pour la troisième année consécutive.

Réseaux, stockage et efficacité énergétique attirent les investisseurs

Outre une modification des ressources allouées dans les différentes sources d’énergie, plusieurs secteurs clés de la transition énergétique attirent de plus en plus d’investissements : les réseaux – qui se modernisent et se digitalisent toujours plus -, le stockage et l’efficacité énergétique, déployée à 40% dans le secteur du bâtiment.

Il serait bon de préciser de quel stockage, il s’agit ?

Sur tous ces secteurs, la Chine joue le rôle de locomotive. Avec 21% des 1.700 milliards dépensés dans l’énergie en 2016 (en baisse de 12%), elle devance les Etats-Unis (16%), l’Europe (en baisse de 10%) puis l’Inde, qui attire 7% d’investissements de plus qu’en 2015.

Mesurés pour la première fois, les investissements en recherche et développement sont stables, à 67 milliards de dollars. Ils se répartissent à parts égales entre les secteurs public et privé, le premier étant plus actif dans les énergies décarbonées.

 

Index des articles de l’OMEC

Liste chronologique des posts.

L’incroyable légèreté de France Info et France Inter

Si, Dominique Seux, l’éolien et le solaire sont encore loin d’être compétitifs avec le nucléaire

Vidéo : Désinformation dans l’audio-visuel concernant les Energies Renouvelables

Réponse au JDLE: Le charbon est bien plus polluant que le nucléaire y compris sur le plan radioactivité rejetée

Réponse au JDLE : « Sortir du Nucléaire » est parfaitement absurde. Et chiffrer cette destruction de valeur l’est encore plus.

Réponse au JDLE: Le Paradoxe des hydroliennes marines – Quand le pseudo développement durable n’est pas soutenable

Réponse au JDLE : Non, les députés ne découvrent pas le démantèlement des centrales

Réponse au Figaro : « LE NOUVEAU SOLAIRE DEUX FOIS MOINS CHER QUE L’EPR ? Comparons des produits comparables. » 

Réponse au JDLE : Durables les énergies marines ?

Réponse au JDLE : « SURETE NUCLEAIRE, UNE ANNEE QUI DERANGE »

Réponse au JDLE : « Plan climat, directive ENR: le SER fait le forcing »

Réponse au Figaro : « LE NOUVEAU SOLAIRE DEUX FOIS MOINS CHER QUE L’EPR ? Comparons des produits comparables. » 

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Réponse au JDLE : « SURETE NUCLEAIRE, UNE ANNEE QUI DERANGE »

Réponse au JDLE : « Plan climat, directive ENR: le SER fait le forcing »

Réponse au Figaro : « LE GENDARME DE L’ENERGIE PRECONISE UNE HAUSSE DE 17% D’UNE TAXE SUR L’ELECTRICITE »

Réponse au blog « Les invités de Médiapart : « FUITE EN AVANT DE LA RECAPITALISATION D’AREVA »

Electricité, le contre-exemple allemand

Réponse à Energie-Developpement qui déclare : « EDF : nous vendons de l’électricité mais à la fin c’est nous qui payons… »

Réponse à la tribune du Monde : « DECHETS RADIOACTIFS : « CIGEO OU LA CHRONIQUE D’UN ECHEC ANNONCE » »

Réponse à 20minutes : « EOLIENNES EN MER – POURQUOI TANT D’ATERMOIEMENTS ? »

Réponse à Christian Egal dans les Echos sur les coûts de l’énergie

Réponse au parti pris de Benjamin DESSUS dans Alternatives Economiques

Réponse de l’OMEC à la tribune des Echos sur le Nucléaire et la méthode Coué.

Réponse à Yves Marignac dans 20minutes qui accuse l’ASN d’incompétence.

Réponse à Dominique Pialot de la Tribune : qualitatif et quantitatif ENR

A Gilles Dixsaut: Le Diesel, bouc émissaire idéal des politiciens ?

Réponse à Reporterre : « La Finlande n’a aucun problème pour stocker son combustible nucléaire usé »

Cuve EPR : Réponse à Émilie Massemin (Reporterre) et ses thèses partisanes.

 

Réponse à Yves Marignac dans 20minutes qui accuse l’ASN d’incompétence.

Les commentaires de l’OMEC figurent ci-dessous en rouge.

EPR DE FLAMANVILLE: POURQUOI L’ASN A-T-ELLE DONNE SON FEU VERT ET POURQUOI LA ROUTE EST ENCORE LONGUE ?

http://www.20minutes.fr/planete/2096679-20170630-epr-flamanville-pourquoi-asn-donne-feu-vert-pourquoi-route-encore-longue

Énergie malgré des anomalies détectées sur la cuve, le gendarme du nucléaire a donné un premier feu vert au démarrage de l’EPR de Flamanville. Mais le chantier n’a pas encore vu le bout du tunnel…

FABRICE POULIQUEN

PUBLIE LE 30/06/17 A 09H45 — MIS A JOUR LE 30/06/17 A 11H06

« Une très bonne nouvelle pour l’EPR. » Laurent Thiery, directeur du projet de Flamanville chez EDF, n’a pas caché sa joie après l’avis préliminaire rendu par l’ autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur la conformité de la cuve du futur EPR de Flamanville.

Le gendarme du nucléaire autorise l’EPR à démarrer avec sa cuve initiale mais sous condition. L’avis était très attendu après deux ans de procédures et de tests entamés fin 2014 après la détection d’anomalies sur le fond et le couvercle de la cuve. Mais l’avis rendu mercredi n’est que le premier d’une longue liste. Explications.

Nulle part au monde une telle série de tests métallurgiques n’ont été faits. Il a fallu sacrifier deux couvercles réalisés dans les mêmes conditions métallurgiques que le couvercle N°1. Il a fallu faire une série d’analyse et de tests destructifs approuvés par l’IRSN et l’ASN. Les résultats ont été présentés non seulement aux membres du Groupe Permanent des Enceintes Sous Pression Nucléaire mais au meileur métallurgistes français et étrangers.

QU’ELLES SONT LES ANOMALIES DETECTEES SUR L’EPR DE FLAMANVILLE ?

A ce jour, c’est la cuve qui pose problème. La pièce est maitresse d’un réacteur nucléaire puisque c’est ce chaudron de 425 tonnes et de 11 mètres de haut pour cinq mètres de diamètre, qui abrite le cœur du réacteur le plus puissant du monde (1.650 MW).

Ce n’est pas la cuve qui posent problème mais les ségrégations de carbone affectent le couvercle et le fonds de cuve.

Cette cuve doit résister à l’irradiation, mais aussi a de très fortes chaleurs et a de fortes pressions, et ceci, pendant toute la durée de vie de la centrale, soit 40 ans minimum pour l’EPR de Flamanville. Or, fin 2014, des anomalies ont été détectées sur le fond et le couvercle de la cuve, forgée à l’usine creusot forge d’areva.

Les viroles soumises à l’irradiation neutronique ne sont pas affectées par ces défauts de ségrégations. Tandis que le couvercle et le fond de cuve ne sont pas irradiées et en fonctionnement normal sont toujours à la température de la branche froide, c’est-à-dire une température de 280 °C constante.

Il a été détecté un excès de carbone au niveau de ces deux pièces. « L’acier de la cuve doit normalement contenir 0,2 % de carbone. Là, on est à 0,3 %, explique yves marignac, directeur de wise-paris, un institut spécialisé dans la recherche énergétique. Cela parait infime, mais ça suffit pour modifier les propriétés mécaniques de l’acier et réduire de moitié le facteur de sécurité qu’on a sur la tenue mécanique de la cuve. »

Tout le monde sait parfaitement que Monsieur Marignac est d’abord un antinucléaire mais que ses compétences métallurgiques sont plus que réduites. (**)

De fortes concentrations en carbone dans une pièce ont pour conséquence une diminution des propriétés de ténacité de l’acier, c’est-à-dire de la capacité du matériau à résister a la propagation d’une fissure en cas de défaut préexistant, note alors l’institut de radioprotection et de sureté nucléaire dans une note publiée mercredi.

Pour qu’il ait rupture brutale, il faut trois conditions simultanées :

  1. Une amorce de fissuration existante, (Tout a été contrôlé)
  2. Une température froide pour être dans la zone de transition ductile fragile
  3. Un chargement mécanique important (contrainte)

Or si une injection de sûreté intervient à température basse, cela signifiera que l’on a une fuite sur le primaire et que les contraintes de pression auront baissé. Donc nous n’aurons pas simultanément les trois conditions qui amèneraient une rupture fragile.

L’ASN DONNE-T-IL UN BLANC-SEING A EDF ?

Si l’ASN a donné un premier feu vert pour que l’EPR de Flamanville puisse démarrer avec sa cuve initiale, c’est bien sous conditions. EDF devra effectuer des contrôles réguliers sur le fond de la cuve pendant toute sa durée d’exploitation « afin de s’assurer de l’absence d’apparition ultérieure de défauts ». Quant au couvercle, de tels contrôles sont actuellement infaisables. L’ASN exige alors d’EDF qu’elle change ce couvercle d’ici la fin 2024, une opération qui couterait 100 millions d’euros à l’énergéticien.

D’où sort ce chiffre de 100 M€ ?

CETTE CUVE EST-ELLE SUFFISAMMENT SURE POUR ETRE MISE EN SERVICE ?

Dans son avis rendu mercredi, l’ASN a suivi les conclusions de son groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucleaire (GP-ESPN). Mardi, il avait rendu un rapport sur la conformité de la cuve.

« Le GP-ESPN a considéré globalement que cette cuve reste suffisamment sûre dans la mesure où elle conserve des marges de sûreté par rapport au risque de rupture », explique Yves Marignac, membre de ce groupe d’experts depuis trois ans. Considérant que « cette marge de sûreté était réduite de moitié », Yves Marignac a décidé d’émettre un avis minoritaire, « le premier en trois ans » et a été rejoint dans sa démarche par un autre expert du gp-espn qui en compte 31.

Donc 29 pour et 2 contre dont Marignac ! (*)

 

L’ASN A-T-ELLE CEDE A DES IMPERATIFS ECONOMIQUES ?

C’est ce que craint Yannick Rousselet, charge de campagne nucléaire pour Greenpeace. Il pointe une contradiction dans l’avis préliminaire rendu par l’ASN. « D’un côté, elle demande à changer le couvercle parce qu’il n’est pas sûr et admet que la faisabilité technique de contrôles sur le couvercle n’est pas acquise, mais de l’autre elle autorise le réacteur à fonctionner à pleine puissance. »

On reconnaît là, les grandes compétences de Monsieur Rousselet. Qu’un réacteur fonctionne à pleine puissance ou à puissance réduite, il est toujours soumis à la même pression et la température de la branche froide ne change pas. Seule la température de la branche chaude évolue ce qui ne change en rien le chargement du couvercle et du fond. D’ailleurs la demande de remplacement du couvercle est exigée sauf si EDF arrive à mettre au point une méthode de contrôle en service.

Pour Greenpeace, l’ASN aurait alors cédé à des impératifs économiques au détriment de la sureté. Le chantier de l’EPR de Flamanville a pris à ce jour six ans de retard et vu le cout du projet triple pour atteindre aujourd’hui 10,5 milliards d’euros.

C’est une accusation qui fait bien peu de cas des exigences de l’ASN.

« EDF et AREVA étaient au pied du mur, poursuit Yannick Rousselet. Un rejet de la cuve par l’ASN aurait eu un effet domino. Les autres projets EPR vendus par EDF et AREVA a HINKLEY POINT (ROYAUME-UNI), en FINLANDE ou en CHINE seraient notamment tombés à l’eau. C’était la fin de la filière nucléaire française. »

Pour de pareils propos, Yannick Rousselet pourraient être poursuivis. Est-ce qu’il sait qui a forgé le couvercle Finlandais ? En tous cas, la fin de la filière nucléaire française lui aurait fait un immense plaisir !

L’EPR DE FLAMANVILLE A-T-IL FRANCHI LE PLUS GROS OBSTACLE ?

Mercredi, l’ASN n’a donné qu’un avis préliminaire. Le définitif sera rendu en octobre. « Mais on ne parle la que de la cuve. Ce n’est qu’un petit élément dans l’autorisation de mise en service de tout le réacteur, rappelle Yves Martignac. Cette mise en service passe par des batteries d’essais de tous les équipements du réacteur. La détection de nouvelles anomalies est possible. C’est un réacteur complexe, le premier du genre, et le chantier a enregistré beaucoup de retards si bien que des équipements resteront inutilisés bien plus longtemps que prévu. »

Il semblait qu’au début Marignac avait dit que la cuve était une pièce essentielle. Maintenant « ce n’est qu’un petit élément ». Il faudrait savoir.

L’industrie nucléaire française a mis en service entre 1977 et 1995, 62 réacteurs à eau pressurisée en comptant ceux de Koeberg et de Daya Bay. L’EPR est le 63ème où le 65ème si l’on compte les 2 EPR de Taishan.

EDF prévoit une mise en service de l’EPR de Flamanville dans le courant du deuxième trimestre 2019. Yves Mérignac table plutôt sur 2020. A Greenpeace, Yannick Rousselet veut croire que d’ici là l’ASN imposera des règles de pilotage et d’utilisation du réacteur plus forte a EDF. « On peut espérer par exemple que l’ASN s’oppose à une utilisation à pleine puissance du réacteur. »

Rousselet n’a rien compris au fonctionnement d’un réacteur à eau pressurisée ! Il devrait se faire expliquer par Yves Marignac.

L’ONG surveille aussi de près la réaction de Nicolas Hulot. « Il doit se saisir du dossier, estime Yannick Rousselet. Ce dossier est éminemment politique. On la voit bien dans la décision rendue mercredi par l’ASN, qui est finalement un compromis entre un enjeu de sûreté et des enjeux économiques. »

Il faudrait tout de même savoir si c’est un dossier technique ou politique ? Si l’ASN, indépendante du pouvoir politique depuis la loi de 2006 donne le feu vert, l’EPR démarrera.

Jean Fluchère

________________________________________________________________________________________

(*) A propos des réserves formulées par Marignac et Autret, ils confondent 1ère et 2ème barrière. Le CV d’Autret donne ses compétences métallurgiques… :

 

« Intervention de Jean-Claude Autret à Nancy décembre 2013 Citoyen engagé dans les débats sur le nucléaire, j’interviens ici en qualité de membre de l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO) qui, née en 1986 en Basse Normandie, est une structure citoyenne d’alerte et de vigilance qui s’est donnée pour mission d’informer la population, ses représentants et les autorités en tentant de diffuser une information plus accessible en matière de nucléaire. »

« Avis minoritaire de MM. Marignac et Autret

Les éléments produits par Areva NP pour justifier de l’aptitude au service de la cuve, bien qu’ils soient conformes à la démarche attendue et malgré les efforts apportés à la profondeur de la caractérisation du matériau, à l’exhaustivité des situations envisagées et au conservatisme des hypothèses, montrent que les marges que présentent les propriétés mécaniques du matériau en zone ségrégée vis-à-vis de la prévention du risque de rupture brutale de la cuve sont significativement réduites par rapport aux propriétés attendues en l’absence de ségrégation majeure.

Le non-respect de l’exigence de qualification technique de la cuve constitue une atteinte inédite, par sa nature et par son contexte, du premier niveau de la défense en profondeur (erreur, c’est le 2ème). L’excès de confiance, le caractère tardif de la détection des ségrégations et le choix industriel de mener l’installation de la cuve à son terme avant de procéder à leur caractérisation constituent des éléments aggravants de cette atteinte au principe fondamental de défense en profondeur.

La situation qui en résulte ne trouve pas de réponse simple sur le plan réglementaire, qui n’offre pas les références nécessaires pour apprécier dans ce contexte l’acceptabilité des pièces concernées, et débouche de ce fait sur une procédure dérogatoire dont le résultat constituera, au-delà de la résolution de ce dossier, une jurisprudence durable.

Les éléments apportés sur le suivi en service ne constituent pas des mesures effectivement compensatoires, dans le sens où ils visent à surveiller les phénomènes redoutés dans le contexte de ces propriétés dégradées, et non à restaurer par des mesures en exploitation tout ou partie des marges perdues au niveau de la conception et de la fabrication. En conséquence, le caractère suffisant de la tenue mécanique de la cuve ne suffit pas à atteindre un niveau de sûreté satisfaisant au sens de la défense en profondeur.

Cette conclusion doit être mise en regard de la possibilité ou non de remplacer les éléments ségrégés avant l’éventuelle mise en service de la cuve. À cet égard, bien que le Groupe permanent n’ait pas été saisi sur cette question, il est important de souligner que les éléments du dossier remis par Areva semblent indiquer que le remplacement du couvercle et du fond de cuve reste à ce stade techniquement possible. »

(**)

Les éléments comme le couvercle font l’objet d’un contrôle complet pour détecter toute amorce de fissure.

Ensuite, nous avons eu au-début du parc des déclenchements inopportuns de l’injection de sécurité. Il n’y avait pas de brèche sur le circuit primaire. Mais dans ces cas là où la pression reste à 155 bars, il ne rentre que très peu d’eau froide. A peine le volume libre du pressuriseur. Ce peu d’eau froide ne refroidit pas la branche froide. Ces déclenchements de l’injection de sécurité étaient liés à l’ultra-sensibilité des détecteurs de haut débit vapeur sortie GV et très bas niveau GV qui apparaissaient lors des déclenchements du groupe turboalternateur. Nous avons réglé ce problème et le CP1 a bénéficié de notre expérience.

 

Ajout le 26/09/2017.

>Y.M. : Très inquiétant de voir M. Fluchère, ancien directeur de centrale, confondre barrières de confinement et niveaux de défense en profondeur…
https://twitter.com/YvesMarignac/status/902079120426840064

Réponse de Jean Fluchère
:
Bravo à Monsieur Marignac d’avoir relevé ce détail entre 1er élément de défense en profondeur et 2ème barrière de sûreté.
Monsieur Marignac est rompu à la lecture du site de l’IRSN. Quant à moi je n’ai fait que de la sûreté de terrain pendant 23 ans. J’ai privilégié la pratique à la théorie et cela ne s’est pas trop mal passé”.

Réponse de l’OMEC à la tribune des Echos sur le Nucléaire et la méthode Coué.

« La méthode Coué ne sauvera pas l’industrie nucléaire »

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-172945-la-methode-coue-ne-sauvera-pas-lindustrie-nucleaire-2108694.php

Critiques de Jean Fluchère en rouge ci dessous (24/08/2017)

Lorsque l’on connaît l’auteur de l’article, on sait immédiatement qu’il va descendre en flammes l’électronucléaire dont, pourtant, il bénéficie tous les jours comme les autres français.

Il est inutile d’invoquer un atome mythique comme il y a 20 ou 30 ans alors que l’industrie nucléaire est aujourd’hui plombée par les faillites et les désastres industriels, situation illustrée en France par les déboires d’Areva et d’EDF.

Les difficultés financières d’AREVA ne doivent pas occulter qu’entre 2005 et 2014, EDF a versé 20 milliards de dividendes à l’Etat. Alors que ce dernier lui devait une partie de la CSPE qui s’élevait en 2012 à 5 milliards d’€.

Or tous les Conseils d’Administration le diront, une entreprise distribue des dividendes quand elle n’a pas de projet intéressant. Sinon, avec l’accord de ses actionnaires, elle distribue peu de dividendes pour consacrer le reste de ses bénéfices aux investissements. Là, l’Etat se sert et EDF doit emprunter !

Au passage, quand EDF était un Etablissement Public à Caractère Industriel et commercial (EPIC) et que l’Etat lui a demandé de lancer le grand programme nucléaire, il ne lui a fait aucun apport en capital. EDF a dû tout emprunter sur les marchés financiers et rembourser tous ses emprunts.

Dans sa récente tribune publiée par le Cercle, M. Prudhomme liste divers arguments pour tenter de réhabiliter l’énergie nucléaire et contester la fermeture annoncée de nombreux réacteurs.

L’argumentation de Monsieur Rémy Prudhomme, professeur émérite, ce que n’est pas Stéphane Lhomme est tout à fait logique et claire pour tous ceux qui connaissent à la fois les problèmes électriques et les problèmes économiques.

Le problème est que l’auteur argumente comme on pouvait encore le faire il y a 15 ou 20 ans, en invoquant un atome mythique : « La France est un géant nucléaire », « Notre considérable savoir-faire nucléaire », etc.

Nous n’avons jamais évoqué un atome mythique. Simplement dire que l’industrie française avait réussi à construire 62 réacteurs (en comptant Daya Bay et Koeberg)  en 20 ans, réacteurs qui fonctionnent comme des horloges est au moins aussi glorieux que ce qu’a pu faire Airbus !

  1. Prudhomme semble donc ignorer que l’industrie nucléaire en France et dans le monde est dans une situation catastrophique, illustrée par la faillite des deux de ses entreprises emblématiques, le français Areva et l’américain Westinghouse, ce dernier ayant même entraîné dans le gouffre son actionnaire principal, le japonais Toshiba.

Westinghouse et son partenaire constructeur Toshiba sont en grande difficulté financière car le coût du gaz de schiste aux USA écrase toutes les autres formes de production. Il semble que Monsieur Stéphane Lhomme soit un partisan des gaz de schistes. Cependant, plusieurs réacteurs Westinghouse-Toshiba sont en fin de construction en Chine. Ils rencontrent les déboires  de tous les réacteurs de nouvelle génération. Comme nous en Finlande et à Flamanville. En revanche, Monsieur Stéphane Lhomme se garde bien de signaler le succès des 2 EPR de Taishan en Chine. La célèbre courbe d’apprentissage fonctionne bien.

L’auteur agite le coût pour les finances publiques qu’impliquerait la fermeture de réacteurs, rappelant que « le gouvernement cherche frénétiquement des secteurs où économiser quelques milliards », mais il oublie que ce même gouvernement creuse le déficit précisément en renflouant à grands frais Areva (3,3 milliards déjà versés, 4,5 milliards prévus, cf. Les Échos 10 janvier 2017).

Savez-vous, Monsieur Stéphane Lhomme, combien Framatome puis Areva NP ont rapporté à l’Etat en 30 ans ? Je pense que le chiffre de 4,5 Mds d’€ dont vous faites état est largement inférieur aux recettes versées à l’Etat. D’autre part quand l’actionnaire est majoritaire dans une entreprise en difficulté, soit il la fait mettre en faillite, soit il remet de l’argent au capital. L’Etat avait donc le choix.

Et encore, il ne s’agit là que d’un début : ces derniers jours, l’État français a racheté l’ensemble des actions d’Areva SA, devenu une « structure de défaisance » sur le même modèle que le fameux Consortium de réalisation chargé de gérer le passif du Crédit lyonnais.

La comparaison avec le Crédit Lyonnais est intéressante. La faillite du Crédit Lyonnais est arrivée alors que l’entreprise était nationalisée par le premier gouvernement Mitterrand. Ce qui montre que les entreprises sont mieux gérées par le privé que par le public.

Il est d’ailleurs notable qu’Areva SA se retrouve à assumer le chantier EPR de Finlande, désastre industriel sans fin : le réacteur devait entrer en service en 2009, or, il n’est toujours pas terminé à ce jour. Une décision de justice internationale est d’ailleurs attendue avec, de façon quasi certaine, la condamnation de la France à payer 2,6 milliards aux Finlandais.

Monsieur Lhomme, vous confortez ma remarque ci-dessus : jamais Framatome n’aurait vendu une centrale complète de 3ème génération en annonçant des prix et des délais délirants. Mais voilà, Framatome et son Etat-Major n’existait plus. Il avait été entièrement remplacé par Mme Lauvergeon. D’autre part, Mme Lauvergeon était Présidente du Directoire dans lequel siégeaient de nombreux représentants de l’Etat et avait au-dessus d’elle un Conseil de Surveillance où siégeaient encore de nombreux représentants de l’Etat. La question que l’on doit poser est quelle a été leur réaction devant un tel engagement ?

S’il est impossible de savoir aujourd’hui quelles autres mauvaises surprises – décomptées en milliards – réserve le cas Areva, que dire du dossier EDF ?

L’électricien national est non seulement confronté à la désagrégation avancée des 58 réacteurs actuels, dont la rénovation ruineuse est assurément impossible à financer, mais aussi au désastre de son propre chantier EPR, à Flamanville (Manche).

Je voudrais vous rassurer, Monsieur Stéphane Lhomme, contrairement à votre affirmation, nos 58 réacteurs ne sont pas du tout dans un état de désagrégation avancée. Il suffirait que vous visitiez une centrale de 40 ans pour vous en convaincre. Tous les travaux Post Fuskushima sont en cours, la Force d’Action Rapide Nucléaire est opérationnelle depuis 2 ans, le grand carénage est en cours sur plusieurs sites et EDF fait face financièrement.

La situation est si dramatique que l’Autorité de sûreté nucléaire est sommée de valider la cuve de ce réacteur malgré les graves défauts qu’elle présente : c’est d’ailleurs l’occasion de rappeler à M. Prudhomme que, en guise de « considérable savoir-faire nucléaire », l’atome français est impliqué dans un des pires scandales industriels de tous les temps : des milliers de pièces nucléaires – dont la fameuse cuve de l’EPR – ont été mal fabriquées dans les forges d’Areva au Creusot, et souvent couvertes par des certificats de sûreté falsifiés.

Dire que l’ASN a été sommée de valider le couvercle de la cuve de l’EPR est faire bien peu de cas de l’indépendance et de la compétence de l’ASN et de ses appuis techniques que sont l’IRSN et les Groupes Permanents d’Experts. Jamais une pièce métallurgique forgée n’a fait l’objet d’autant de tests et d’études que les pièces hémisphériques de l’EPR. Pour votre information, les viroles de cuves ont été forgées au Japon chez Japan Steel Work.

On ne peut pas être heureux, en tant que français de voir la perte de compétences de Creusot-Forge qui a été un des meilleurs forgerons du monde. Bien heureusement, la nouvelle Direction d’Areva a pris toutes les dispositions pour que les forgerons du Creusot retrouvent leur aura !

Pendant des décennies, les débats sur le nucléaire ont principalement porté sur le risque et sur la question insoluble des déchets radioactifs. Alors que la catastrophe de Fukushima est toujours en cours et que des manifestations ont lieu dans divers pays – par exemple en France à Bure (Meuse) – contre les projets d’enfouissement des déchets, il est évident que ces questions restent d’une actualité brûlante.

C’est vous qui dites que la question des déchets est insoluble parce que cela arrange vos thèses. C’est bien entendu archifaux. La catastrophe de Fukushima a eu lieu. Les salariés sur le site font le nécessaire pour en préparer la déconstruction. La dosimétrie des zones évacuées en en réduction rapide grâce aux travaux engagés et les populations reviennent.

Pourtant, aujourd’hui, c’est sur le plan industriel et financier que l’atome est mis en cause et, pour tout dire, condamné. Outre les faillites déjà évoquées, il est notable que même les chantiers déjà largement avancés de réacteurs soient stoppés, comme à Shin Kori en Corée du Sud ou en Caroline du Sud (cf. AFP 1er août 2017).

La part du nucléaire dans l’électricité mondiale est passée de 17 % en 2001 à 9 % à ce jour, un véritable effondrement qui va continuer inexorablement au fil des fermetures de vieux réacteurs. Or plus de la moitié des 400 réacteurs encore en service a plus de 30 ans. Ils peuvent en faire 60 et peut-être 80 !

Rassurez-vous, la part du nucléaire dans l’électricité mondiale va croître rapidement, tout simplement parce que le nucléaire est le seul moyen de production de masse d’une électricité décarbonée.

Je pensais qu’en tant qu’écologiste, les émissions de gaz à effet de serre vous préoccupaient plus que le nucléaire.

Il se peut que le nucléaire s’arrête tout simplement parce notre planète sera devenue invivable.

Invoquer un atome mythique, comme le fait M Prudhomme, ne changer en rien la réalité industrielle et financière. La méthode Coué ne sauvera pas le nucléaire.

C’est Monsieur Stéphane Lhomme qui emploie la méthode Coué depuis qu’il était le porte-parole de Sortir du Nucléaire et non Monsieur Prudhomme.

 

Jean Fluchère

Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire

Complément de réponse le 26/08/2017 :

Réponse à Stéphane Lhomme et à sa Litanie:

La réalité de l’industrie nucléaire dans le monde:

Réacteurs en fonctionnement : 447

Réacteurs avec une puissance de 392 GW et une production de 2500 TWh

Réacteurs en  construction: 58 réacteurs pour une puissance de 63 GW et un investissement (approché) de 200 G€

Réacteurs commandés ou planifiés: 162 pour une puissance de 168 GW et un investissement (approché) de 450 G€

Réacteurs proposés: 349 pour une puissance de 400 GW

Au total on peut s’attendre à la mise en oeuvre de 800 GW dans les 20 ans qui viennent soit 40 GW/an conduisant à une augmentation de production de 350 TWh/an (production française : 400 TWh/an) et un investissement annuel de l’ordre de 120 G€/an

Répartition des démarrages en 2017-2019:
Chine:  20
Russie: 5
Inde:5
UAE: 4
Slovaquie: 2
Roumanie: 2
France, Finlande, Pakistan, Brésil, Argentine : 1

Les difficultés financières sont en France, USA et Japon
On retrouve dans le nucléaire ce qu’on a vu pour la métallurgie, les cellules solaires, la sidérurgie, l’électronique: désindustriralisation de l’Ouest.

L’action de Stéphan Lhomme est consort n’ a et n’aura pas d’influence sur le développement du nucléaire dans le monde, mais contribue  aux difficultés de l’industrie nucléaire en et de France, une industrie qui emploie 425 000 salariés.
Monsieur Lhomme se frottera les mains lorsque les futurs réacteurs français seront construits  par des entreprises chinoises, russes, ou coréennes.